lundi 21 mai 2018

LA PLUS ANCIENNE GRANGE TEMPLIERE: GRAND’MAISON A LIBOUVIILLE par Paul Griscelli


LA PLUS ANCIENNE GRANGE TEMPLIERE: GRAND’MAISON A LIBOUVIILLE
                                      par Paul Griscelli  





                                 Photographie aérienne de la ferme templière.




   Pierre- Marie Folliot, numéros 96 et  97 de la SAEL, 2e trimestre et 3e trimestre 1993 du  bulletin (Mémoires XXIX-1 et 2) ,a  consacré deux articles aux Templiers euréliens:  « Les  Templiers dans la baillie de Chartres, La juridiction de Sours et Arville,  partie I, Une étude de géographie historique , et partie II, Une économie de croisades ». Mais l’article cité ne parle que des plus importantes possessions de l’Ordre à une date donnée. Nous allons nous intéresser aux plus anciens établissements des Templiers en Eure-et-Loir, qui sont méconnus, notamment celui de Grand’ Maison à Libouville. De même, sur Internet, pour un recensement intéressant des biens templiers en Eure-et-Loir (www. templiers.net/ departements/ index. php ?page =28,  Les commanderies des templiers de France et de Belgique).
Libouville est aujourd’hui partagé en plusieurs communes : Châtillon-en -Dunois, Lanneray  et Logron , même si aujourd’hui, dans la population, Libouville désigne seulement la partie qui se trouve dans la commune de Châtillon-en- Dunois avec quelques maisons  de la commune de Lanneray, séparées des premières  par un chemin rural appelé autrefois chemin Souillard au lieu-dit L’Orme beauceron  , qui séparait non seulement les deux communes de Lanneray et de Châtillon , mais surtout  la Beauce et le Perche : il s’agit là de l’héritage de la frontière entre les deux royaumes mérovingiens de Neustrie et d’Austrasie . Libouville a fait partie du royaume de Neustrie, puis du Perche, tandis que Lanneray faisait partie de celui l’Austrasie, puis du Dunois. 
 Libouville  devient, vers 741, la ferme du roi Thibaut qui lui lègue son nom, puis la ferme des comtes de Blois (741-1128),  la première ferme templière, pendant un siècle de 1128 à 1202, enfin, de mai 1202 à 1975, soit pendant plus de sept cent ans, la ferme de l’Hôpital de Châteaudun.
     I  LE DOMAINE ROYAL DES MEROVINGIENS : UNE FERME DU ROI THIBAUT (708-741), LE DERNIER ROI DE LA DYNASTIE MEROVINGIENNE, QUI LAISSE SON NOM A LIBOUVILLE (de Thibault villa la ferme de Thibault).
   Clovis, lorsqu’il eut vaincu à Soissons Synagrius, prit tout le pays entre la Somme et la  Loire. Le futur Libouville est dès lors englobé dans le domaine privé du roi et, au hasard des partages successoraux entre fils du roi (les lots étaient tirés au sort), passe d’un empire à un autre : du royaume de Soissons ou de celui de Neustrie au royaume de Paris, de  celui d’Austrasie au royaume d’Orléans ou à celui de Bourgogne. En 561, le  partage entre la Neustrie et l’Austrasie fait entrer Libouville dans la Neustrie.  Telle est la division qui deviendra celle du Perche- Gouët  avec Châtillon-en- Dunois  et de la  Beauce dunoise.
   Les rois mérovingiens ne fondent pas d’établissement dans la région avant un  roi très peu connu qui lui laisse son nom, Théobald ou Thibaut. Celui-ci naquit vers 708. Il est le fils d’un maire du palais de Childebert, puis de Dagobert II, savoir de Grimoald, duc de Champagne. Thibaut, appelé duc des Alamans, était le petit-fils de l’ambitieuse et entreprenante Planctrude, qui  pousse son petit-fils Thibaut au pouvoir. Il s’y maintient, péniblement, de 739 à 741. Les histoires de France appellent cette période l’interrègne. A 33 ans, en 741, Thibaut est assassiné par ses propres cousins Pépin le Bref et Carloman. A Thibaut succède d’abord Chilpéric III (742-752), puis Pépin le Bref qui inaugure la dynastie des rois carolingiens.
   Le nom de Thibaut vient de Theobald : en germanique, celui qui commande (wald) le peuple (Teuth). Le nom Thibaut est,  au fil du temps,  altéré en Libo-, devant le mot latin « -villa ». Ce mot  « villa » désigne au Moyen Age une agglomération groupée autour de la maison d’un propriétaire rural, avec four, écuries (dans notre cas, à Crenne , toponyme qui signifie écurie),   etc. Selon les linguistes, les nombreux noms en -ville avec un prénom germanique antéposé datent du huitième siècle. Ainsi Libouville signifie-t-il le grand domaine, 300 hectares environ, villa, dont le roi mérovingien Thibaut est le propriétaire. La famille de Thibaut donne Théodebert, d’où proviennent les comtes de Blois.
  Selon certains, ce Thibaut méconnu de Libouville serait le dernier roi mérovingien légitime et de droit divin, les rois suivants n'étant que des usurpateurs. Cela justifie les prétentions à la royauté de son descendant Thibaut le Grand, rival du roi de France, fondateur de l'Ordre du Temple et de sa hiérarchie initiatique informée du grand projet de reconquérir la royauté. Tout ceci donne lieu à de nombreux ouvrages pour les amateurs de mystères, depuis l'Enigme sacrée jusqu'au  Da Vinci Code.
   II-  LA FERME DES COMTES DE BLOIS (741-1128).
   L’illustre maison de Blois a donné des rois à l’Angleterre, à Jérusalem et  à  la Navarre, des ducs à la Bretagne, des comtes à la Champagne : elle a aussi donné des rois de France et la dynastie capétienne. Robert le Fort est le père de deux rois de France : Eudes et Robert. Robert serait le grand-père de Hugues Capet.
   De  Eudes, nous aurons cinq Thibaut. Le plus illustre est Thibaut Ier, dit le Vieux ou le Tricheur : il possédait le comté de Blois et celui de Champagne, Chartres, Tours,  Meaux, Provins, le Berry et… Libouville!
   III-LA FERME MISE A LA DISPOSITION DE L’ORDRE DU TEMPLE (1128-mai 1202) : GRAND’ MAISON.
   Les comtes de Blois voulaient récupérer la royauté de France qu’ils estimaient devoir leur revenir légitimement. Aussi la présence de Thibaut IV dit le Grand, comte de Blois, de Chartres et de Brie, au Concile de Troyes en 1128, où le Pape approuve les statuts de l’Ordre du Temple, n’est-elle pas innocente.
  C’est Thibaut IV   qui donne ses premières propriétés à l’ Ordre du Temple,savoir ,   dès 1128 ,  les dîmes de Libouville  avec pour  les stocker (car elles étaient livrées en nature),  un « hébergement » ,  c’est-à-dire une grange « dîmière »  au Boulay et à Crenne  en propriété , ainsi qu une grange et la ferme qui l’accompagnait , Grand‘Maison aujourd’hui , à Libouville, mais en simple tenure cette fois : Libouville   est par conséquent le plus ancien établissement templier. Les comtes de Blois  donnent le Boulay et Crenne  au Temple dès sa fondation,  vers 1130 : les propriétés  sont encore la propriété de  cet ordre en 1202, date de la donation de Libouville à l'Hôtel- Dieu de Châteaudun.  La fondation de la Boissière à Châteaudun, où les moines de Thiron possédaient une vigne, est postérieure, la donation datant de 1183.
   Le nom de Grand’ Maison est souvent associé aux fondations templières et la  ferme l’a conservé. Dans l’ancienne grange dîmière des Templiers, figurent encore aujourd’hui, sur les deux portes charretières, des signes templiers qu’on retrouve à la Commanderie templière d’Arville et ailleurs. Il s’agit essentiellement de rose-croix ( des rouelles solaires , symbolisant la Vierge, reine des cieux et de la terre » ,exactement conformes à celle qu’on retrouve gravées à Arville).
A noter que les doubles poutraisons, si caractéristiques des Templiers, visibles dans la ferme, se retrouvent, par exemple, à Arville. Un petit édifice, fermant de l’intérieur, servait de chambre d’initiation aux Templiers avec des rites qui évoquent ceux des francs-maçons : il s’y passait, dit-on,  de redoutables mystères.
Les souterrains.
De là partait, dit-on,  un souterrain, pour aboutir à la chapelle de l’Épinay, d’emplacement incertain, près du château de Sainte- Radegonde, probablement sur  l’axe entre Boulay et Crenne. Mais le souterrain le moins incertain (peut-être n’est-ce d’ailleurs  qu’une marnière) longeait  le côté de la propriété qui borde  le chemin dit de la Grand’ Maison qui figure sous ce nom au cadastre ,  passe devant les deux  Minaudières (là était placée anciennement l’entrée de Grand’ Maison, avec ses bornes qui sont aujourd’hui  devant le portail de la Poterie ) et traversait les terres de la Bernetterie, pour se diriger vers Chantemesle et le Vieux- Logron. Peut-être l’origine des souterrains est-elle à chercher dans les cryptoportiques ou silos, destinés à dissimuler les réserves d’orge pendant ces périodes troublées.
   Ce qui est certain, c’est que les Templiers avaient besoin d’argile, de silex, et de grisons pour leurs constructions, ainsi que de marne pour amender leurs champs nouvellement arrachés aux forêts. Jouxtant  Grand' Maison, un terrain appelé « la Pillerie des Carreaux » servait de carrière à la  « Poterie » voisine. L’entrée des marnières se situait, à l’époque des Templiers, à la Geôle, mot qui ne veut pas dire ici prison, mais une galerie ouverte au fond d’un puits (venant du latin caveola).  Le puits lui-même  émettait un souffle important qu’on entendait encore, paraît-il,  il y a quelques années. Le souterrain qui en partait aboutissait à la mare de la Bernetterie .
 Aux alentours de Grand ‘ Maison ,certains toponymes ont gardé le souvenir des Templiers: la Maison Rouge, c’est-à-dire avec la croix rouge pattée des Templiers , servait d’auberge sur les chemins de Compostelle , à 6 k environ de Libouville ,  et appartenait au réseau des Templiers, comme à Langey le lieu-dit les Maisons-Rouges , lié à la Commanderie (templière) dans la même commune de Langey, plus ancienne que la  Commanderie  d’Arville et dont dépendait Grand’Maison (templière) à Libouville. La Commanderie de Langey , à à paine six kilomètre de Libouville, s’étendait jusqu’à la Touche-Hersant, où  subsiste un bâtiment appelé le Temple et pris à tort pour un temple  protestant, peut-être à cause de  la date de 1577 inscrite lors d’une réutilisation et d’une réfection  tardive  au fronton d’un pignon ;Nous retrouvons la même confusion à Cloyes, confusion  qui aboutit à prendre la rue du Temple de Cloyes pour une allusion au Temple révolutionnaire de la Raison ! En effet, en septembre 1206, Robert de Pochinet avait  donné une maison qu’il avait fait construire dans sa vigne près de Cloyes ,  Eudes de Vineuil faisant abandon de tous ses droits sur cette maison pour le prix de 7 livres et demie,  charte XLVI. D’autre part, en ce qui concerne le Temple de la Touche- Hersant, des lettres de l’official de Chartres,du mois de janvier 1378,  citées par Eugène Mannier dans Les commanderies du Grand Prieuré de France, Paris, Aubry et Dumoulin, 1872 ,  portent que Colin de Villiers, fils de Robert de Villiers, a donné de nombreux biens au Temple , dont sa maison sise à Veilley paroisse de Langey, dans la censive de l’abbaye  de Saint- Avit, avec toute la terre qui en dépendait. Dans la Charte de l’abbaye de Saint- Avit (située à Saint-Denis –les- Ponts), La Touche Hersant est mentionnée en 1640. Cette terre englobait la Touche- Hersant, qui fait aujourd’hui partie de la commune de Lanneray, voisine de Langey.  Veilley est devenue Bellay et se trouvait rue actuelle du Cardinal du Bellay, lequel était né dans une commune voisine, Souday, et possédait des biens à Veilley. C’est sur ses terres qu’il fit construire une maison pour son médecin, François  Rabelais. Le nom de Veilley, Velay (le Puy- en- Velay),  Bellay, Boulay viendrait du nom d’un peuple ligure, les Velleiates , Vellates, Vellaunes  ou Vellavii (qui avaient une cité , Vellica,  en Espagne Tarraconaise. Il reste peu de traces en Eure-et-Loir de ce peuple, sauf le nom de Logron, à rapprocher de Logroño en Espagne Tarraconaise et le nom de Langey à rapprocher de Lancia en Tarraconaise également .Le territoire allait au moins  de Boulay à Langey et Logron .
 Le Grand Boulay et Crenne ou le Petit Boulay.  
Crenne, nom d’origine gauloise qui signifie écurie,  a été d’abord d'abord la propriété des comtes de Blois qui le donnent au Temple dès la fondation de celui-ci,  vers 1130 ;  il est encore dans les biens de l’ordre des Templiers  en 1203, date de la donation de Libouville à l'Hôtel- Dieu. A la dissolution du Temple, les deux Boulay, le Grand et le Petit,  sont dispersés et  vers 1313 Jean Luigny, puis en 1339 Pierre de Fraillicourt achètent successivement le Grand Boulay: La famille de ce dernier en fait don à l'Hôtel- Dieu en 1442. Deux ans après, en 1444, l'Hôtel- Dieu  s'agrandit et achète Crenne à Martin Poirier.
Les Templiers  bâtirent au Grand Boulay une première grange ou hébergement pour remiser leurs moissons et une seconde dans le voisinage immédiat. au  Petit Boulay  ou Crenne .  
Voici les archives concernant les transferts de  propriété de Crenne ou petit Boulay, souvent associé au Boulay ou grand Boulay (L. Merlet, Archives hospitalières antérieures à1790, hospices de Châteaudun, Lecesne,  Châteaudun, 1867 et  DELFAUT  DE  BELFORT et L. Merlet, Archives de la Maison- Dieu de Châteaudun (qui donne transcription des textes latins inventoriés par Lucien Merlet, mais  sans traduction) :
B 440 (Carton) 1 pièce parchemin ;
1339 Acquêt par Pierre de Fraillicourt, recteur des écoles de Châteaudun, sur Jean Luigny, d'un "hébergement" (grange templière) au Boulay, paroisse de Lanneray, moyennant 65 livres.
1442 Don à l'Hôtel- Dieu de la métairie du Boulay par Pierre de Fraillicourt.
B 441 CTN 4 pièces parchemin ;
1444 Acquêt par l'Hôtel- Dieu,  sur Martin Poirier d'un "hébergement"(grange templière) au lieu du Boulay et 7 setiers de terre moyennant 10 livres.
B 442 (CTN) 3 pièces parchemin ;
1411- 1608 Baux par l'Hôtel- Dieu de la métairie du Grand Boulay
1) 1411 à Jean Brichon pour 2 vies  moyennant 5 livres et 5 sous et 1 livre de cire ;
2) 1478, à Jean Seigneuret, laboureur, pour 3 vies et 59 ans,  moyennant 5 livres 10 sous et 2 chapons ;
3)1608 à Michel Colas, laboureur, pour 99 ans moyennant 12 setiers de méteil (mélange de diverses céréales plantées ensemble) et 3 setiers d'avoine.
B 443 CTN 3 pièces parchemin.
1472- 1609 Baux par l'Hôtel- Dieu de la métairie du Petit Boulay (Crenne)
1) 1472, à Jean Poupart, laboureur, pour 3 vies et 59 ans,  moyennant 32 sous 6 deniers ;
2) 1609, à Michel Colas, laboureur, pour 99 ans moyennant 6 livres.
Les deux  Boulay sont réunis,  en 1609, dans la même main, celle de M. Colas.
B 444 CTN 1 pièce papier.
1720-1749 Baux par l'Hôtel- Dieu des métairies du Grand et du Petit Boulay :
1) 1720 à Pierre Fougereux, laboureur, pour 27 ans moyennant 1 muid de méteil, 3 setiers d'avoine, 6 livres et 2 chapons.
2) 1731, à Jacques Faucheux, laboureur, pour 9 ans moyennant 1 muid de méteil, 3 setiers d'avoine et 2 chapons.
3) 1749, à Charles Bonin, laboureur, pour 6 ou 9 ans moyennant 12 setiers de froment, 3 setiers de méteil et 2 chapons.
B 445, CTN, 5 pièces parchemin.
1720 Procès- verbal de visite du Grand et du Petit Boulay.
 B 446 (CTN) 2 pièces parchemin, 27 pièces papier.
1630- 1712 Reconnaissances envers l'Hôtel- Dieu de 1 muid de froment, 3 setiers d'avoine et 6 livres de rente sur le Grand et le Petit Boulay.
B 447 CTN 9 pièces parchemin, 8 pièces papier.
1486- 1620 Vente entre particuliers d’héritages au Grand et au Petit Boulay en la censive de l'Hôtel- Dieu.
B 448 CTN 2 pièces parchemin 14 pièces papier.
1601- 1731 Sentences au profit de l'Hôtel- Dieu contre les détenteurs du Grand et du Petit Boulay condamnés à payer les rentes dont sont tenus les dits lieux.
B 449 CTN 2 pièces parchemin. 
1664-1669 Procès entre l'Hôtel- Dieu et François Fougereux pour une rente de 12 setiers de méteil et de  3 setiers d'avoine due sur le Grand Boulay.
B 11 registre in- folio, papier .
1756 Le Grand et le Petit Boulay, maison, étable (Crenne, étable au sens ancien d’écurie) et 47 setiers de terre labourable.
Propriétaires contemporains du Boulay :
Dumoutier et aujourd’hui M. et Madame Cochard
Autres sources : Charte de l'Abbaye de Josaphat en 1209 (Boulay est mentionné avec l’orthographe Boolai ; c’est la propriété du Temple à cette époque) et avec l'orthographe Le Boullais en 1512 dans la Charte de la Madeleine de Châteaudun,  citées par Henri  LEPLEGE, Lanneray, Ses châteaux,  ses hameau et lieux-dits. Leur appellation dans le passé et leur signification. Illustration. Sa préhistoire, Amicale des anciens élèves de Lanneray, Châteaudun, 1991, p. 9.
 Grand ‘Maison était desservie religieusement au début par  une chapelle  à  l’Epinay  et dans la suite par l’église de  Lanneray.
Avant l’église de Lanneray : la chapelle disparue de L’Epinay à Sainte- Radegonde des Landiers.
On trouve souvent des Epinay, spinet-acum, sur les lieux fréquentés par les Templiers. Le mot désigne  le lieu où pousse de  l'aubépine et on peut supposer que des couronnes de fleurs blanches d'aubépine étaient posées en mai, au cours d'une procession solennelle,  sur le chef de la statue de la Vierge et représentaient les rayons du soleil comme la couronne qui souvent ornait déjà la statue.
La chapelle de l’Epinay qui desservait Grand’ Maison et la Poterie du temps des Templiers était naturellement dédiée à la Vierge, avec une statue en bois, couronnée d’églantine et un sceptre à la main : la statue évoquait la « reine des terres et des cieux », semblable à Isis,  chère au cœur des Templiers.
 On a  beaucoup discuté sur l’emplacement de cette première chapelle.   Elle  était vraisemblablement située sur le chemin rural qui va aujourd’hui du manoir de la Poterie au château de Sainte- Radegonde.  Très tôt,  les Templiers bâtirent une chapelle, peut-être à l’arrière de l’actuel manoir de Sainte -Radegonde.  Il en restait quelques pierres blanches que Maurice Mauger apporta au beau-père de son fils,M. Pron d’Epinay ,  mais le propriétaire de la Poterie n'y attacha aucun intérêt et elles sont toujours abandonnées au bord de la route, en face du portail du manoir, envahies par l'herbe.
A la destruction de l’Ordre des Templiers, la chapelle  fut  consacrée à saint Thomas, puis, afin de tenter d’effacer la Vierge des Templiers, à une reine franque sanctifiée, Radegonde,  ce qui pouvait justifier le sceptre et la couronne. Sainte Radegonde est dite des landiers (gros chenets de cuisine) ou des andiers (forme ancienne de landier). Le mot andier étant  compréhensible  a été rapproché du mot andain, l’étendue que le faucheur peut faucher de pas en pas et on inventa la légende selon laquelle l’épouse chrétienne de Clothaire Ier, fuyant les sbires de son royal époux, leur échappa grâce au « miracle des andains » : le foin, tout frais fauché, repoussa à une vitesse et à une hauteur extraordinaires et dissimula la sainte à la vue de ses impies poursuivants. Mais l’origine de ce nom incompréhensible  des landiers   vient en réalité de l’églantier, l’arbre cher à Marie, la mère du Christ. 
 Le patronage de sainte Radegonde  n’a  empêché, ni  les Protestants pendant les guerres de religion, ni la Révolution, de ravager cette chapelle et de la détruire. La statue  qui, dans l’opinion populaire, passait pour une représentation de la sainte, fut sauvée du vandalisme révolutionnaire des habitants par les propriétaires du  manoir de Sainte- Radegonde.  Ces derniers, en 1851, transférèrent certaines reliques, de la chapelle de sainte Radegonde qui leur appartenait et qui était en ruines, dans une  chapelle de l’église de Lanneray,  mais ils mirent seulement en dépôt la statue en cause, précisément dans la chapelle de la Vierge de l’église. Celle-ci fut remplacée ultérieurement  par une statue de saint Pierre, et  les descendants des châtelains la récupérèrent. L’ « original » a terminé ses pérégrinations à Collioure chez son légitime propriétaire. Mais  ce prétendu « original »  est seulement une copie ancienne d'une effigie de la Vierge  datant du XVIe siècle, qui a elle-même remplacé la vieille statue en bois du temps des Templiers.
Lanneray
Les Templiers qui revenaient de Croisade en rapportaient souvent la lèpre. Comme on confondait lèpre et vitiligo, certains « lépreux » étaient relativement en bonne forme et pouvaient travailler, participer notamment à la construction d’églises ou de chapelles,   comme celle de Lanneray .Précisément, le nom de Lanneray vient de Nazareth sous la forme italienne lazareto (lazaret, avec influence de Lazare)   à cause de l’hôpital de Jérusalem consacré aux lépreux et dédié à la patronne des Templiers , Sainte Marie de  Nazareth. A l’église de Lanneray, subsiste un bénitier du douzième siècle avec une mystérieuse grenouille sculptée.  La grenouille est un symbole rapporté d’Egypte par les Templiers  où Héket, la déesse- grenouille, signifie la résurrection. Le  bénitier était curieusement   placé à l‘extérieur de l‘église: était-il réservé aux lépreux? Les léproseries proprement dites étaient à Beaulieu, nom par antiphrase des léproseries , et à la Loisilère : ce denier mot est l‘altération de la mesellière, autre nom de la léproserie, les lépreux étant appelés mesels au Moyen Age, du latin miser, malheureux .Le mot n’a évidemment rien à voir avec   les oiseaux, même si l’on trouve à Lanneray une Vallée des Serins, c’est-à-dire des Sirènes de la mort,  à cause de leurs crécelles.
Châtillon -en- Dunois.
Nous trouvons en  1380 mention des dîmes (36 muids de grain) dues aux Templiers  sur la commune de Châtillon : le commandeur d’ Arville  reconnaissait devoir à Oudart de Cloyes 18 muids de grain pour cause de la moitié des dîmes de Châtillon. Le territoire de l’actuelle commune était très dispersé :   le village principal  était appelé les Vallées et situé entre la Blandinière et la Pémenière (de pessima,  donnant pesme , la très mauvaise,et de marnière) , à l’endroit nommé les Jardins de la Vallée ; deux autres villages, la Chevrie et la Berlocque (du latin  bis longa,  mot qui désigne une maison  trop longue, une longère) , où il y avait encore un moulin à vent en1710) étaient importants. Pour leur part , es Templiers avaient une chapelle à Châtillon même, dont proviennent deux poutres de gloire de la ferme de Grand ‘Maison : cette chapelle était un des deux pavillons voisins de ce que l’on appelait la « mairie »,  entendons le centre du pouvoir politique depuis les Mérovingiens, comme il y en avait une autre, plus ancienne, à la Forêt, sur la commune de Lanneray, dont dépendit un temps Grand’ Maison.
   Lorsque les comtes de Blois renoncent à leurs aspirations au trône, ils  se désintéressent du Temple qui, dès lors, essaime à Sours, une imposante ferme privée,  et surtout à la Commanderie d’Arville, dans le Loir-et-cher voisin, où existe aujourd’hui un intéressant musée consacré aux Templiers.
   En mai 1202 , à Orléans , avant de partir pour la Croisade , Louis , comte de Blois , lègue tous ses biens , dont Libouville , à l’ Hôtel- Dieu de Châteaudun , oubliant de préciser le sort des dîmes accordées par son ancêtre Thibaut IV aux Templiers sur Libouville . Ceci donnera lieu à un procès que les Templiers d’Arville qui étaient les héritiers de ces dîmes gagneront. D’autre part, quand les Templiers  eurent perdu leur grange dîmière à Grand’ Maison en 1202, ils ne savaient plus où ranger leurs récoltes. Un  certain Gérard de Chartres leur avait bien donné une terre à la Gaste  -Forêt, c’est-à-dire à la Forêt (gaste signifiant défrichée, ce qui atteste du travail des Templiers dès le  début du treizième siècle),  mais ils préférèrent utiliser les "hébergements " du Boulay et de
Crenne,  deux pavillons à la « mairie » de Châtillon, qui dépendait de la Madeleine- Villefrouin dans le Loir-et-Cher. Ils utilisèrent aussi des locations pour remiser leurs dîmes, comme l’Héminotière (les Minaudières aujourd’hui), ainsi appelée du nom de l’héminier ou héminotier qui  percevait en nature la redevance d’héminage sur chaque hémine ou minot (50 litres) de blé.
« DOUY-EN-DUNOIS » ET CHATILLON -EN- DUNOIS
Le vendredi 7 mai 1283, des terres,  d’une superficie d’une mine de blé , étaient données au Temple par Jean d’Ancises,  à la condition d’une rente de deux setiers de grains qui devait être apportée chaque année le jour de la saint Rémi dans la maison de l’Hôpital de Châteaudun, charte CLXXIX . Bien qu’on ait supposé que l’objet de la donation se trouvait rue de Chartres, là où était la chapelle de saint Frambourg, le lieu-dit Ancises,  incite plutôt à  placer le lieu de la donation dans la commune de Douy, à l’emplacement de la seigneurie d’Ancises avec une métairie  citée en 1574,  et du château (1586)  et  manoir d’Ancises, avec les  moulins de Courgain et de Battereau sur le bord du Loir. En octobre 1295, le chevalier Jean d’Ancises reconnaît (B372, Archives hospitalières de Châteaudun)  devoir une rente de 44 sous et 8 deniers à l’Hôtel- Dieu.   On peut songer aussi à  une grande parcelle du cadastre de Châtillon, nommée sur le cadastre Lancisière près de la route D 365, mais appelée Ancises parles habitants et plantée en céréales..

   LA DISPERSION DES BIENS TEMPLIERS.
   A la destruction de l’Ordre, la « mairie » de Châtillon fut reprise par les seigneurs d’Eguilly en même temps que le château. Ce dernier finit par échoir, par mariage,  à Charles  de Beaumont, marquis d’Autichamp,  légitimiste qui eut le malheur de participer à l’équipée la duchesse de Berry en 1832 et à sa tentative d’insurrection. Ce marquis avait, avec le marquis de Bonchamps, dirigé l’insurrection vendéenne de 1793 et sauvé 5000 soldats républicains faits prisonniers : il fut frappé de mort civile et condamné à mort par contumace. Ses biens furent vendus aux enchères le 20 mars 1841, entre autres les « matériaux à provenir de la démolition d’un colombier et de deux pavillons, situés dans la cour de la ferme du château de Châtillon ».
   En 1841,  tandis que l’acheteur du château et de la ferme  se hâtait prudemment de gratter les armoiries du marquis que celui-ci avaient fait graver sur le porche  (trois fleurs de lys , naturellement!) , le fermier de Grand’ maison , légitimiste , racheta les deux poutres de gloire qui ornaient celui des deux pavillons qui avait servi de chapelle aux Templiers , ainsi qu’une plaque de cheminée  fleurdelisée aux armes du marquis : « de gueules à la fasce d‘argent chargée de 3 fleurs de lys d‘azur » (Voir dans Cahiers percherons, 2001- I, p. 19-32, l‘article magistral  de Christian Léger intitulé « Châtillon- en- Dunois : son château et ses seigneurs »  et son article  « L’église de Châtillon- en- Dunois » dans le bulletin n°290 de la Société dunoise).
 IV- LA FERME DE L’HOTEL - DIEU (mai 1202-1975) .
 La première attestation du nom de Libouville est de 1202 : il s’agit du parchemin par lequel Louis, comte de Blois, lègue ses biens à l’Hôtel -Dieu de Châteaudun, « VILLAM LIBOVILLAE CUM TERRIS » ,la ferme de Libouville avec ses terres,  c’est-à-dire un immense domaine foncier d’un seul tenant , de plus de 300 hectares, plantés alors en méteil, en escourgeon, en froment et en avoine.



LE ROULEAU DE PARCHEMIN QUI SCELLE POUR HUIT SIECLES LE DESTIN DE GRAND'MAISON.


       



   Nous avons pu consulter les archives hospitalières  que  L. Merlet a inventoriées et que Delfaut de Belfort a publiées en latin, sans traduction. Nos photographies jointes en sont extraites .


   Ferme royale , puis ferme des comtes de  Blois prêtée par eux  à l’Ordre du Temple  qui s’y installa et en firent leur plus ancien établissement durant un siècle,  Grand’ Maison , à la suite du don de Louis , comte de Blois, partant pour la Croisade, n’aura eu que quatre propriétaires en huit siècles : l’hôpital , de 1202 jusqu’à la vente aux enchères publiques en 1975 , destinée à financer la construction d’un nouvel hôpital , puis Maurice Mauger de 1975 à 1984, ensuite M .et  Madame O. Gernez de 1984 à 1993 qui restaurèrent la ferme,enfin nous-mêmes . Sur l’acte de propriété, j’eus la surprise de lire comme origine de propriété de l’Hôpital que la ferme se trouvait sa propriété   « depuis  un temps immémorial ». C’est à coup sûr cette permanence qui a permis à Grand’ Maison d’échapper aux ravages du temps et des hommes.
      



« Non nobis, Domine, non nobis, sed Nomini Tuo da Gloriam », Non pas à nous , Seigneur, non pas à nous, mais à Ton Nom seul donne la gloire .




































Non, la tête de maure du drapeau corse, n’est pas une tête de Sarrazin coupée



                         D’où vient  la tête de maure  du blason corse?

 Non, la tête de maure du drapeau corse, comme les  têtes de maure d’autres pays, n’est pas une  tête de  Sarrazin coupée.
Le Serpent de mer géant en Corse, origine lointaine de la tête de maure.
  Les Cantabres, peuple ibère de Tarraconaise en Espagne,  ont donné leur nom en latin  à un étendard, cantabrum. Cet étendard portait  une  tête de Serpent de mer,  niger en langue ibère, qui signifiait originellement  serpent, et non pas noir, sens secondaire (cf ; Montenegro, le mont du Serpent). Ceci a donné la tête de nègre ou de Maure ou plutôt de négresse ou de  Mauressque corse ; car le Grand Serpent est une déesse. Maure signifiait en langue ibère  le grand (mau) serpent (sagolos), comme le montre l’ancien nom de l’Indus, Mausoolos, de mau sagolos, le  Grand Serpent. On retrouve le même radical  sagol- dans le nom du roi d’Assyrie Sargon II, qui régna de 722 à 705 avant J. C  et aperçut à Chypre un  serpent de mer géant, ainsi qu’en Corse dans le nom des îles Sanguinaires ou dans celui de  Sagone, en Espagne tarraconaise dans les villes de Sagontium et de Seguntia (Siguenza aujourd’hui) , bien plus loin au Cameroun dans le nom du fleuve Sanga,  où il désigne un serpent de mer géant., le  « dragon congolais ».
  A partir de Mausagolos , le rhotacisme, phénomène phonétique de transformation du s en n ou en r , explique la forme  corse Monaccia (d’Aullène ou d’ Orezza),  de monak+suffixe locatif –ia,  l’habitation du Grand Serpent, comme le nom de Monaco. Le nom  du Maroc (en anglais, Morocco)  provient aussi  du  même radical, avec rhotacisation   cette fois du n en r. Le mot More a passé à la signification actuelle de maure, brun : la Mauritania , pays (tania) des Maures, fut   d’abord le  pays du grand serpent, le Nigeria fut aussi le pays du Niger,le  fleuve de la  déesse- Serpent. En latin, niger désigne les hommes du Grand Serpent : comme ceux-ci étaient majoritairement noirs, l’évolution sémantique  en a fait un synonyme de noir, sens second qui a prévalu.
   Quel était ce monstre ? En 1907, « toute la population locale observe, dans le golfe de Porto, un monstre à l’aspect de chapelet de corps flottants, et, le 6 mai 1924, un animal serpentiforme est aperçu dans le golfe d’Ajaccio, par C. Juranville, inspecteur de l’assistance publique en Corse » cité, p.140 dans  Serpent de mer et monstres aquatiques, par J.J. Barloy 1978, qui émet l’hypothése, p  171,  que ces serpents de mer  doivent être rangés parmi les des anguilliformes géants. D’après Ely Boissin, dans Secrets d’Epaves, cité par Barloy p., 136, des pastenagues de 8 mètres d’envergure fréquenteraient les parages de la Corse ; autrement dit, elles atteindraient les dimensions de la raie manta. Normalement, les pastenagues, qui sont des raies munies d’un aiguillon, ne dépassent pas un mètre d’envergure. Mais peut-être est-ce plutôt de mobulars, autre type de raies qu’il s’agit. ». Il existe aujourd’hui en Corse une association Diavulu di mari qui a pour mission d’étudier le diable méditerranéen, ce poisson inconnu.  
Du Serpent de mer à l’orque et à l’agneau blanc.
Si nous essayons de mettre de l’ordre dans les différents types de serpents de mer géants de Corse, on en distingue trois  au moins :
1) l’otarie géante (de 5 à 20 mètres, une dizaine en général) à long cou, la Mégalotaria longicollis, pek dans chipekwe en Angola (elle est couverte d’un léger pelage ras). En effet, en Angola (de Sangola), dans les marais de Dilolo, on rencontre un monstre  appelé chipekwe,p. 86,  où l’ibère pek indique qu’il s’agit d’un mammifère  à toison (grec alopeks, renard, pecari, etc.) . «  Sur la tête, écrit  Barloy, op. Cit. , p. 225, se dressent deux petites « cornes » dont la nature est mal définie : il pourrait s’agir de tubes érectiles prolongeant les narines et permettant à l’animal de respirer en surface tout en restant dans l’eau. Ce dispositif contribuerait à expliquer l’incognito des monstres lacustres. Mais ces «  cornes » pourraient être des oreilles, que l’otarie dresserait de temps en temps. Rappelons en effet que les otaries, au contraire des phoques, possèdent de petites oreilles, d’où leur nom en grec : otarion, petite oreille.  
Cette otarie ne nous concerne pas pour la tête de maure, non plus que l’anguilliforme. .
2)Le calmar géant, de couleur rouge lorsqu’il est  mort, Architeuthis princeps, dont la carcasse échouée  a pu donner les noms de Sagone, Sanguinaires, etc. Sanguis, sanguinis, qui en latin désigne le sang , a pu lui être appliqué en raison de sa couleur. La couleur rouge de certains bandeaux ibères en provient.
3) Enfin, pour expliquer les couleurs noires et blanches qu’on trouve dans le cantabrum corse,   il nous faut avoir recours à un auteur grec du IIIe siècle après J. C.,Elien,  La personnalité des animaux, tome II, livre XV, 2, p 137 :  « selon ce que racontent les hommes qui vivent au bord de l’Océan,  les anciens rois d’Atlantide, nés de la semence de Poseidon, auraient porté en serre-tête les bandes des béliers de mer (krios en  grec à cause des bonds) mâles  comme insignes de leur pouvoir ; et leurs épouses, les reines, auraient porté les boucles des femelles, également comme une marque  de leur pouvoir . » Ces béliers de mer, souvent représentés dans les œuvres d’art, passaient leurs quartiers d’hiver entre la Sardaigne et la Corse, vers Bonifacio ; « autour d’eux nagent des dauphins de très grande taille. Le bélier mâle a une bande blanche qui fait le tour de son front et qui fait penser au diadème de Lysimaque, d’Antigone [Antigonus II Gonatas, de Macédoine, les extrémités du bandeau ayant  souvent été prises pour des cornes par la suite] ou d’un autre roi de Macédoine [du III e siècle avant
J. C]; quant au bélier femelle, il a des boucles qui, comme les barbes des coqs, lui pendent sous le cou. » Une note de A .Zucker précise qu’il doit s’agir de l’Hyperoodon arctique (Hyperoodon ampullatus) dont certains individus présentent bien une nette bande claire autour du cou, alors que l’orque (Orcinus orca  ou Orca gladiator selon Thompson, épaulard ou baleine tueuse, n’a qu’une petite tache ovale  derrière l’oeil. La baleine arctique n’est plus présente que dans l’Océan Atlantique  En tout cas, l’Hyperoodon arctique confirme la localisation nordique de l’Atlantide, ainsi que l’origine nordique des Macédoniens et même des Corses.
Nous pensons qu’il  s’agissait à l’origine (de -10000 environ à -300)  de l’Hyperoodon arctique, mais qu’il y a eu contamination avec l’orque par la suite. Précisons que  l’orque tire son nom du dieu étrusque de la mort, Orcus, et  que certaines   ont  une tache blanche caractéristique derrière et au-dessus de l’oeil, le reste du corps étant noir. Le nom grec de l’orque ou de  la baleine tueuse  est  phalaina, en latin ballaena, emprunté à l’ibère phalos cité par Hésychius  au sens de blanc (cf . latin  pallor,pâleur,  palatium , palais royal , pallium, manteau blanc, etc.).
En tout cas, le bandeau de la tête de maure corse est blanc et se porte au-dessus de l’œil  en souvenir d’un cétacé ancien qui hante la Corse, vers Bonifacio, et ravit même, en bondissant sur les roches du littoral ,   un Corse (trait qui semble caractériser une orque, comme le voisinage de dauphins),  raconte encore Elien comme une histoire célèbre de son temps : « les habitants de la Corse racontent qu’après le naufrage d’un bateau pris dans une tempête,un homme qui était un excellent nageur parcourut une grande distance sur la mer avant d’atteindre un promontoire de leur pays ; il y grimpa  et se mit debout , pleinement soulagé, comme s’il était désormais à l’abri de tout danger, sans crainte pour sa vie et maître de son sort. Mais un bélier de mer qui nageait par là aperçut l’homme debout et, comme il était tenaillé par la faim, il se ramassa sur lui-même et s’arc-bouta, et il poussa devant lui , avec sa partie caudale,  une énorme masse d’eau, avant de s’élever dans les airs, porté par la vague qu’il avait soulevée, et avant  d’être projeté en un rien de temps sur le promontoire, emportant l’homme à la façon d’un ouragan ou d’un tourbillon .Voilà pour l’histoire du rapt du bélier corse et de sa proie. » .L’histoire est confirmée par les attaques d’orque de nos jours.  On retrouve le même bandeau  chez les rois atlantes,  chez les rois de Macédoine et chez ceux de Corse, tous d’origine ibère. . La couleur noire de la tête de maure peut venir de la couleur du reste du corps  de l’orque.

Le prénom corse Parthénopée .
 On retrouve dans une  famille corse de Vezzani un prénom masculin  d'origine grecque, Parthénopée,  altéré en « Parthélope  » , nom qui vient de Parthénopéïos, consacré à Parthénopée, la Vierge noire , de « Parthénos », Vierge,  et d’ « Oupis » ou « Opis » (OupiV WpiV) , nom de la grande Déesse Mère lorsqu’elle est brunie par le Soleil .
  La Grande Déesse Parthénopis.
  Grâce à Frazer dans le Rameau d'Or, en particulier dans Le Roi magicien dans la société primitive, on peut interpréter Parthenos   comme la femme non mariée toute-puissante  de l’époque du matriarcat et « Oupis »  comme  le nom de la  Grande Déesse Mère d'Ephèse, une Vierge noire,  et de Délos, ,  plus tard  assimilée par les Grecs à Artémis, puis à  Diane par les Romains. Une trace du culte de la Grande Déesse mère Oupis se retrouve près d’Aleria dans le nom actuel de l’étang de Diane. Quelle est l’étymologie du nom Oupis ou Opis ? Le nom vient de l’ibère , grec ophis ou echis, ou ephis,  serpent, cf. ta Ephésia, de ephis,  fête en l’honneur d’Artémis : Apis, la déesse égyptienne, a la même étymologie.
En grec, Opoora, l’automne,  est la saison (ôra) d’Opis (de la cuisson, -optaô en grec signifie cuire, - des fruits par le soleil) commençant à la Canicule, c’est- à- dire qu’elle commence au 15 août, date de l‘Assomption de la Vierge, anciennement grande fête de la déesse Oupis à Ephèse.  . Quand Napoléon Bonaparte naquit, heureux présage ! un 15 août, sa mère Lætitia , née Ramolino et donc originaire du Vezzanais, lui imposa le diminutif  de Parthenopé  Partholopé, savoir Napoleone  . Napoléon lui- même fixa pour Naples le nom de République Parthénopéenne, sachant que l’île en face de Naples s’appelait Parthenopée et que Naples s’appelait d’abord Parthénopéia, nom  devenu au fil du temps Néapolis et Napolis par étymologie populaire (en grec,  la nouvelle ville) . 
 
  De  Parthenopis  (Artémis ou Diana) à la Vierge noire et à la tête de maure
   La tête de maure, en héraldique, se rencontre assez fréquemment : en Irlande (familles O’Conry, Conroy, etc. au XVIe siècle), en  Normandie près de Lisieux notamment
( Lexovium, de bascovium, Lisieux en latin , signifiant  basque),  en Italie,  en Allemagne (en particulier en Bavière), en Espagne où le roi d‘Aragon avait un sceau à 4 têtes de maure qu’il a légué à la Sardaigne et à la ville de Cagliari.
  Origine ibère du Maure de Freising,  la vierge noire de Chartres.
  Le pape Benoît XVI, originaire d’Allemagne, archevêque de Freising et de Munich en Bavière a tout naturellement  pris pour blason pontifical la tête de maure de Freising  au naturel (couleur brune) dont les lèvres, la couronne et le collier sont rouges : c’est l’antique emblème de l’archevêché de Freising, emblème attesté au VIIIe siècle. A l’origine de cet emblème se trouve le premier évêque de Freising, saint Corbinien, né à Chartres vers 680 et mort le 8 septembre 730, qui a introduit en Bavière la Vierge noire  encore adorée aujourd’hui dans sa ville natale à Chartres dont le nom ancien, Autricon rappelle les Autricons ou Ostricons de Tarraconaise et de Corse (l’Ostricon, les Lestrygons dans l’Odyssée. A rapprocher du nom de Logron  nom d’un peuple cantabre proche des basques et des Gascons, Logron venant de lau(stry)gon bauscon, qui existe  non loin de Chartres comme en Cantabrie espagnole) .
Première constatation: il s’agit d’une femme. Deuxième source d’étonnement : le bandeau blanc corse (le « tortil argent » des héraldistes) est remplacé par un diadème royal de couleur rouge flamme, la  pourpre étant la couleur du soleil levant ; la mauresque porte aussi un collier de pierres précieuses et des boucles d’oreille de perle sur ses oreilles percées. Il s’agit bien évidemment d’une reine : « je suis noire, et pourtant je suis belle », comme dit la Bien -Aimée  du Cantique des cantiques. Il s’agit ici  indiscutablement de  la représentation héraldique d‘une vierge noire.
   Or les vierges noires, pour J. Huynen, (L’énigme des vierges noires), sont des avatars de la déesse Oupis ,  la déesse d’Ephèse ,   Parthenopis , qui était liée au culte héllène du soleil levant  et des déesses- terre  de couleur noire fécondées par le Soleil:
  « A Ephèse, écrit J. Huynen,  dans le Temple de Diane (Artémis), l’une des sept merveilles du monde, on vénérait une statue noire de la Grande Déesse, sœur de l’Apollon solaire, et il est frappant de relever que c’est à Ephèse que la Vierge Marie aurait vécu après la mort du Christ et qu’une tradition y place son Assomption, le lieu même de celle-ci étant appelé en turc karatchlti, c’est- à- dire exactement « la pierre noire » , noire parce que brûlée par le soleil- dieu. La maison de la Vierge Marie à Ephèse (en Turquie aujourd’hui) attire  les pèlerins : on l’appelle Panaya Kapulu, la Maison de la Vierge, et on doit sa découverte à une vision de Catherine Emmerish, morte en 1824. Elle en avait donné le signalement exact et sa vision correspondait à une réalité qu’elle ne pouvait connaître. Marie-Madeleine, l’une des trois Marie, fille de Anne, la grand-mère du Christ, confondue en Corse avec Sara la noire,  est morte à Ephèse.  Enfin, c’est dans cette ville qu’eut lieu le concile qui, en 431, proclama le dogme de Marie mère de Dieu. On mesure la force du lien entre le culte marial et Ephèse.
  Citons d’autres exemples de cette couleur noire étrangement associée au culte du soleil. D’après E. Saillens (Nos Vierges noires, 1945), la plus ancienne idole du Hedjaz était une pierre noire, volcanique et météorique, dite la Kaaba : à la Mecque, la pierre noire a cette couleur parce qu’elle a été brûlée par le feu  du soleil.
   .Dans Philostrate, La vie d’Apollonios de Tyane, nous avons un récit,  par un témoin oculaire,  vers 62,  qui établit le  lien entre le culte du soleil levant et la pierre noire du colosse  Memnon à Thèbes en Egypte (VI, 4, p.1214, Romans grecs et latins, la Pléiade): « La statue est tournée vers le Levant : c’est celle d’un jeune homme qui n’a pas encore de barbe; elle est faite de pierre noire, ses deux pieds sont réunis comme dans le style des statues dédaliques  ; ses bras, tout droits, s’appuient sur le siège, car il est représenté au moment où il est en train de se lever  ». «  Lorsque les rayons du soleil frappèrent la statue, ce qui arrivait au moment du lever de l’astre, continue le témoin, les spectateurs ne purent maîtriser leur admiration, car la statue se mit à parler dès l’instant où le soleil effleura sa bouche,  les yeux se mirent à briller et s’animèrent à la lumière, comme ceux des hommes qui aiment le soleil.  Les spectateurs comprirent alors que la statue est représentée dans l’acte de se lever, comme le font ceux qui adorent debout les puissances divines. Les prêtres  offrirent  un sacrifice au Soleil Ethiopien et à Memnon fils de l’Aurore  et  expliquèrent aux spectateurs qu’ils devaient  faire le même sacrifice, ajoutant que le nom du premier Ethiopien venait des mots grecs aithô voulant dire «  brûler », et  ops, voulant dire «  visage  », au visage brûlé par le soleil) … »  La tête de maure  se dit d’ailleurs en latin  caput æthiopicum, tête éthiopienne, brûlée par le soleil, l’épithète éthiopienne étant une épithète rituelle et non géographique.  Il s’agit d’une statue fruste mais animée, dite dédalique, par conséquent d’une sorte d’automate comme ceux que mentionne parle Platon, dans le Ménon (97, 2).

L’origine historique de la tête de maure corse.
 Callimaque appelle la déesse d’Ephèse  du nom d’Oupis (Hymne à Artémis, 3, 204) et ce nom d’Oupis est celui sous lequel la Terre- Mère s’est d’abord installée à Ephèse. Or, elle y était représentée, nous venons de le voir, par la statue d’une   vierge noire. Les Phocéens, voisins d’Ephèse, ont aussi pratiqué le culte de la Vierge noire avant de s’installer en Corse, à Aléria.
   C’est d’ailleurs à Aléria , comme par hasard, que la légende corse situe l’enlèvement d’une jeune fille appelée Diana  par un Maure, Mansour,   venu d’Espagne : son fiancé , Paolo,  part à sa recherche et coupe la tête du Maure, qui saigne sur le bandeau (  l la couleur rouge se retrouvera dans le   bandeau royal de Neuhoff ),  la présentant sur un drap blanc :ce serait l’explication populaire du drapeau corse.
  Les historiens font remarquer que la première apparition certaine de ce blason en Corse date de 1736 avec le roi de Corse d’origine allemande  Théodore de Neuhoff,  qui peut très bien avoir été inspiré par des armes comparables vues en Allemagne : bandeau rouge et diadème royal, et avoir pris ces armes à titre personnel.
  C’est à l’Immaculée Conception de la Vierge Marie  par sa mère sainte  Anne  que Paoli avait voué la Corse, le 30 janvier 1735, devant la consulte de Corte:celapeut être une vieille tradition, car au Vie siècle le Roi Arthur au pays de GFalles du nord porte un bouclier où l’image de Marie le mère était peinte (clypeum in quo imago sanctae Mariae genetricis impicta », p6, Annales Cambriae.
 « Nous élisons pour la protection de notre patrie et de tout le royaume l’Immaculée Conception  de la Vierge Marie et nous décrétons de plus  que toutes les armes et drapeaux de notre dit royaume soient empreints de l’image de l’Immaculée Conception, que la veille et le jour de sa fête (8 décembre) soient célébrées dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations de foi les plus grandes ».
  En 1745, Gaffori reprend en le modifiant le blason de Théodore  Neuhoff sur le drapeau de son armée : est-ce que les vieilles traditions vezzanaises et alérianes ont joué un rôle dans son choix?. En tout cas, son choix est officialisé par Paoli  , mais,   le 24 novembre 1762, soit 27 années après avoir consacré la Corse à l’Immaculée Conception de la  Vierge, Paoli  semble changer  d’avis et consacre la Corse,  cette fois-ci,  à la Vierge noire ;  il reprend le blason du précédent roi et surtout de Gaffori,   transforme le diadème royal qui n’avait plus lieu d’être pour une république  en bandeau blanc à l‘italienne et non plus pourpre comme en Allemagne (la couleur du soleil levant), mais il garde son  aspect féminin à ce qui deviendra  la tête de maure:   à ses yeux , il s’agissait sans doute, non de la tête coupée d’un sarrasin brandie comme une tête de Méduse, mais d’une des trois Marie qui avaient débarqué, assurait-on,  aux Saintes- Marie -de- la- Mer (où le processus de l’immersion d’une statue de la Vierge noire rappelle l’immersion du soleil couchant)  , très honorées en Corse : il s’agirait de trois filles de sainte Anne, Marie-Madeleine, Marie Salomé et Marie Jacobée et Marie-Madeleine, qui est  confondue avec  Marie  l’Egyptienne et avec Sara la Noire,  la sainte des Tziganes (mon père qui habitait à Ajaccio le quartier des Trois-Marie avait la plus grande vénération pour elles et il n’hésita pas à assister au pèlerinage des  Saintes-Maries de la mer) son  teint basané s‘expliquant par son   origine égyptienne. Le blanc du nouveau blason reprend l’ancienne Immaculée Conception par Anne, la mère de Madeleine. .
  L’origine païenne du tortil corse : l’Agneau aux cornes d’or, héritier du bélier des mers
L’agneau blanc  (jeune mouflon) avec ses petites cornes, est un avatar du grand serpent de mer, du bélier des mers ou  orque.  Le bandeau  blanc, signe de royauté, attesté  par Elien, provient de l’orque - serpent de mer et  ce sont les extrémités du bandeau qui  ont été prises pour des cornes.  .
 Mais d’autres peuples ont déifié un autre Serpent de mer géant,  le calmar géant, ce dernier  lui donnant alors  sa couleur rouge. 
  Par la suite, le paganisme classique donnera au Serpent de mer des connotations solaires.  
  La déesse Oupis et son héritière Artémis agréaient les offrandes d’agneaux blancs et on se souvient de la colère d’Artémis lorsqu’ Atrée hésita à lui sacrifier le plus bel agneau de son troupeau aux cornes d’or qui évoquaient le soleil. L’épithète rituelle, Karneïos, appliquée à son frère Apollon, indique cette référence à l’agneau blanc (karnos est attesté par Hésychius au sens de mouton).
Selon  les croyances, l’agneau naît noir au solstice d’hiver, puis devient de plus en plus blanc jusqu’à devenir immaculé au 15 août et devient  alors l’Agneau pur. C’est le symbole du Soleil levant, il  y a un « aspect solaire, viril et lumineux, de l’agneau ».
 En résumé, le tortil rouge   a originellement  fait référence au  calmar  géant, puis au Soleil, tandis que le tortil blanc de Corse renvoie à une orque, enfin  à un Agneau immaculé renvoyant  au soleil et à  la Vierge noire, brûlée par la puissance des radiations solaires lors de son Assomption surnaturelle à Ephèse.
Les têtes de maure ailleurs qu’en Corse : la Vierge noire en Aragon, en Sardaigne, en Irlande, etc.
   Les 4 têtes de maure du roi d’Aragon, de la Sardaigne et de sa capitale Cagliari s’expliquent  par une allégorisation des trois Marie (Marie- Madeleine, Marie - Salomé, Marie Jacobée, mère de Jacques) et de la Vierge. D’autres vierges noires existaient en Aragon : celle de Valence, celle de  Sarragosse, et enfin la plus célèbre,  grâce à Richard Wagner, celle de l’abbaye de Montserrat près de Barcelone appelée la Morenata, la mauresque (de la Maurétanie, la couleur brune trahissant  l’origine : le serpent de mer, niger évoluant vers le sens de noir).
Rappelons, pour  Cagliari, que selon Diodore de Sicile (V, 13, 3) les Phocéens, voisins d’Ephèse, avaient fondé une ville appelée Calaris, qu’il situe par erreur en Corse, mais qui coïncide avec l’actuelle Cagliari de Sardaigne.  Florus (II, 2) la nomme Carala , d’autres Caralis . 
  Le pape Pie VII Barnaba Gregorio Chiaramonti (1800-1823), né à Césène en Italie , avait dans son blason pontifical 3 têtes de maure, donc une allusion à la Trinité (ou aux 3 Maries).La Vierge noire  dont il s’inspire pour son blason peut être la Vierge noire  de Loreto,
La Vierge noire  de Offaly en Irlande a inspiré les armes de la famille O‘Conry. Le pallium de cette dernière famille irlandaise peut être rattaché à l’archevêque de Tuam, Florence O’Conroy ou O’Conry (1561-1629) qui a composé un traité théologique important en gaëlique et a anglicisé son nom irlandais signifiant d’origine royale, savoir  O’Maolconaire.
Le tortil blanc qui orne la tête de maure(sse) corse
Le tortil est, selon la définition du Larousse, un « bourrelet en torsade à bouts pendants par derrière, qui ceint une tête de maure ». On peut penser que le tortil de la tête de maure a succédé au tortil au sens également attesté par le Larousse : « cercle d’or gemmé, rebordé plus fortement en haut qu’en bas et autour duquel est passé en spirale un collier de perles: c’est la couronne des barons », autrement dit à la couronne solaire dont les pointes symbolisent les rayons du soleil, pointes dorées qui étaient jadis remplacées par des cornes de bélier. Le tortil blanc du blason corse  est  un symbole de juridiction  épiscopale, l‘agneau signifiant le Christ et ses représentants sur terre, du chef de la religion aux évêques. »
  Quant aux nœuds à l’arrière de la tête de maure corse ou au-dessous de l‘écu de Benoît XVI, il ne s’agit pas de quelque frivole catogan, mais du reste de l’offendix du Souverain Pontife (Pontifex Maximus) des Romains, souvenir des prêtres  indo- européens qu’on retrouve sur les bustes de Bouddha en Inde et qui consiste dans les nœuds qui attachent les brides du bonnet pontifical ou tiare appelé en latin apex. 


Le pallium (manteau)  ou plutôt l’omophorion (du grec omos, épaule, et phoreo, porter, cape qu’on jette sur l’épaule) en laine blanche d’agneau ou l’origine chrétienne du bandeau blanc corse. 
Le pallium (ou omophorion) souvent confondu avec le tortil blanc dont il a pris la suite signifie  toujours une allégeance de l’évêque  par rapport à l’évêque de Rome, le pape : évêque d’Aléria pour la Corse,  évêque de Tuam pour la famille irlandaise,  évêques de Chartres et  de Freising, Mais,  pour l’Aragon et pour la Sardaigne, le bandeau blanc est exclusivement un tortil et non un pallium.   
Dans le blason du pape, nous avons un pallium blanc, insigne liturgique typique du souverain Pontife, selon Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezomolo, nonce apostolique, et qui indique sa charge de pasteur du troupeau qui lui a été confiée par le Christ : « « au cours des premiers siècles, les papes utilisaient une véritable peau d’agneau posée sur l’épaule » : c’est le pallium ou plus exactement l’omophorion utilisé aujourd’hui encore par les patriarches orientaux. « Puis apparut l’usage d’un ruban de laine blanche, tissée en pure laine d’agneaux élevés dans cette intention. Le ruban portait plusieurs croix, qui lors des premiers siècles étaient noires ou parfois rouges. » Au IVe siècle,  le pallium  était déjà un insigne liturgique spécifique et typique du pape. L’usage que le pape confère le pallium aux archevêques métropolitains commença  au VI1e siècle. »


Conclusion pour le drapeau corse.
Le drapeau corse a une origine ibère.  De même pour  les armoiries irlandaises ou espagnoles et sardes, normandes (Lisieux) et chartraines. L’image était devenue celle du Soleil et il pouvait y en avoir trois ou quatre, voire plus, comme on le voit sur  la toge d’un prêtre –roi de la civilisation de Mohendjo Daro datant de -2000. La tête de maure est ainsi le résultat de l’évolution de la déesse du  Grand Serpent, devenue une Vierge noire brûlée par le Soleil.