dimanche 28 mai 2017

Les Boïens et leurs souterrains annulaires, ainsi que la prétendue « hache- charrue » de la table des Marchands en Bretagne, en liaison avec le rite de la circoncision primitive (version augmentée)

Les Boïens et leurs souterrains annulaires, ainsi que la  prétendue «  hache- charrue » de la table des Marchands en Bretagne, en liaison avec le rite de la circoncision primitive.
Lorsque je ne me suis penché sur la signification des pétroglyphes calédoniens et que je les ai liés à la circoncision, à la subincision et à la superincision (voir mon blog Le secret des pétroglyphes et le secret de l’homme en Calédonie), en utilisant les travaux de Bruno Bettelheim (Les blessures symboliques) et de Geza Roheim dans Héros phalliques et symboles maternel dans la mythologie australiennes, ainsi que, dans une moindre mesure ,  L’énigme du sphinx du même, et de Haddon, The decorative art of British New Guinea, J’ai découvert une clé pour déchiffrer les motifs des  dolmens de Bretagne. Par exemple, les supports gravés de Gavrinis représentent des canines la pointe tournée vers le bas et on peut supposer que l’avulsion de canines de la mâchoire supérieure pour les femmes   accompagnait, chez les Boïens,  la subincision ou la superincision pour les hommes,  comme cela est fréquent chez les peuplades archaïques (Vanuatu, etc). Voir mon  blog  sur
La prétendue   hache- charrue de la table des Marchands et le motif des souterrains annulaires d’Arfeuilles près de Vichy.
Voici la description donnée par le traducteur de  Roheim, Héros phalliques…, p. 18 ,  de la superincision australienne,que le traducteur français semble confondre dans son introduction « explicative » avec la subincision: « l’opérateur , à l’aide d’un couteau de pierre, fait une entaille dans l’urètre, généralement à la base du scrotum, près des testicules ; parfois  au voisinage du gland du pénis, zone moins douloureuse ; la fente pratiquée  finit par s’étirer sur toute la longueur de l’urètre : la fente varie de un à trois centimètres de long ; l’opérateur l’ouvre bien en tirant la peau qu’on entend « craquer ». Si le novice souffre trop ou s’évanouit, ses père et oncles le réconfortent et le raniment, et mettent des braises chaudes sous les organes génitaux…. Pour bien élargir le pénis, on l’appuie, aussitôt après l’opération, sur une pierre plate ; on introduit parfois dans l’ouverture une minuscule branche de pandanus rouge, pour que l’orifice, après cicatrisation, soit toujours rouge. Périodiquement, à l’occasion des cérémonies, les hommes refont saigner cet orifice et l’agrandissent: le pénis donne alors l’impression d’être dédoublé. Cette opération spectaculaire a été désignée sous des noms divers : urétérotomie pénienne, épispadias ou  superincision [pratiquée en  Bretagne, en Nouvelle- Calédonie et dans le  Pacifique], introcision, rite de Sturt [d’après Charles Sturt, un des premiers découvreurs de l’Australie] etc. » L’hypospadias ou subincision est l’ouverture pratiquée au-dessous de  l’urètre, tandis que l’épispadias artificielle ou superincision est le même  type d’ouverture, mais pratiquée au-dessus   de l’urètre.
La circoncision,  à proprement parler, c’est-à-dire l’ablation d’une partie du prépuce, est postérieure à ces rites et se pratiquait sur des jeunes âgés d’une vingtaine d’années., et non à) la naissance comme aujourd’hui dans certaines religions ;
 On pourrait reconnaître dans le dessin ci-dessous l’urètre de gauche à droite :
à la gauche  du dessin,  les testicules et la peau du scrotum avec une  incision ( de forme vaguement triangulaire ) au-dessus de l’urètre à la base du scrotum (épispadias ou superincision ); 
à  la droite du dessin , la verge avec une seconde incision sous l’urètre (le demi-cercle du dessin ci-dessous),hypospadias ou subincision proprement dite.




    
Ce dessin ainsi interprété  serait l’indice d’une forme particulièrement archaïque de double  « introcision » a)  la superincision b)  une deuxième   incision sous la verge, la subincision , qui aurait précédé dans le temps la circoncision proprement dite, moins douloureuse, semble-t-il ,avant que, au fil du temps,la superincision ne disparaisse elle-même , laissant la place à la seule circoncision. Le bel exemplaire de la Table des Marchands, loin, d’être unique, se retrouve, par exemple, sur les  dolmens de Penhape (commune de l’Ile aux Moines, près de Vannes dans le Morbihan), de Kercado (Commune de Saint- Caradec- Trégornel dans le Morbihan), du Mané- Rutual.
En Australie, remarquons qu’il y a deux cérémonies d’initiation : la subincision et la  circoncision du gland par ablation d’une partie du prépuce, qui souvent remplace la superincision, plus douloureuse et donc  plus archaïque…Dans le Pacifique (Ticopia, Calédonie, etc. .), on pratiquait  la superincision  ou épispadias .
Entre  Autriche et Bohême, à Pfaffenschlag en Moravie, dont les Boïens exilés par César au centre de la Gaule ont pu y importer  la coutume, on retrouve des souterrains qu’on appelés souterrains annulaires dont le plan imite les  motifs des dolmens  armoricains.. Etait-ce le lieu où se pratiquait, loin de  la vue des étrangers, des catholiques orthodoxes et des   femmes, la cruelle cérémonie ?   En France à Arfeuilles dans le Bourbonnais  et ailleurs (Forez- Liverdois, etc.), on trouve  les mêmes souterrains annulaires , étudiés par Jérôme et Laurent Triolet :
« Le plan particulier de certains souterrains biannulaires en « phi », rencontrés dans la montagne bourbonnaise (LeToquin, Guérande [commune d’Arfeuilles] ), écrivent les auteurs, p.85,  se rapproche étrangement des signes en « phi » gravés dans de nombreux sites rupestres d’Europe occidentale. »
Ci-dessous, j’ai choisi, à comparer avec le motif du dolmen ci-dessus, 
parmi d’autres plans symboliques  analogues,  le  plan d’un souterrain de la commune d’ Arfeuilles (de altum fodiculum, fouille profonde, comme Hautefeuille en Seine-et-Marne). dans l’Allier près des sources chaudes de  Vichy  Il existe de nombreux Arfeuilles ou Arfeuille  : commune d’Arfeuille- Châtain dans la Creuse  ;  lieu-dit Arfeuilles,commune de Saint- Pardoux d’Arnet; autre lieu-dit  Arfeuilles dans l’Allier , commune de Voussac ; lieu-dit Arfeuille dans le Cantal, commune de La Monseselie ;  Arfeuille dans la Creuse ; lieu-dit Arfeuille dans la Haute-Vienne , commune de Saint-Paul ; lieu-dit Arfeuilles dans le Puy –de -Dôme, commune de Prondines,. On connaît anciennement un  Arioli, de même signification : fouille (oli, pour  hodi , de [f]odi ) profonde.


Ci-dessus, plan du souterrain annulaire (ou bi-annulaire)  de Guérande, dans la Montagne bourbonnaise (Allier), à comparer avec le plan de celui  de Ruabourg dans le Blésois (op.  Cit. , p. 82).
L’axe vertical est l’urètre, dirigé vers le méat en bas du dessin ; à droite et à gauche les testicules, le diverticule au-dessus du demi-cercle gauche représente l’ouverture de la superincision à la base du scrotum ; enfin les deux demi-cercles à droite et à gauche de l’urètre,   représentent les deux pierres d’autel, qui  étaient les  lieux  des deux opérations rituelles successives.  Dans l’Allier, à la différence du dolmen de  Bretagne , qui avec sa subincision supplémentaire est plus archaïque (la gravure date peut-être du temps de l’invasion des Cimbres, - 108,  comme dans le sud-ouest), et comme dans le Pacifique, seule demeure la superincision,qui précède historiquement la circoncision . La construction de certains souterrains, comme ceux du Carrouer dans le Cher et de celui de Marcillat dans l’Allier, à en juger d’après les plans de la page 71, op. cit., ont pu rester inachevés , alors que le souterrain de Gross- Eberhards en Basse-Autriche ,op. cit., même page, est complet ;


LE PEUPLE MIGRATEUR DES BOÏENS A L’EPOQUE DE CESAR.
« Comment expliquer que deux paysans séparés par fleuves et montagnes entreprennent le même ouvrage, l’un dans la vallée du Danube, l’autre dans le haut Bocage vendéen [souterrains annulaires de la Combe et du Pin]? » se demandent J .et L. Triolet, p. 84 de leur ouvrage cité. Ils continuent : « Un lien de filiation pouvait les unir. La répartition en trois groupes [80 souterrains annulaires d’un développé moyen de 16 mètres, en Moravie, en  France avec le groupe occidental dans le sud du massif armoricain au Grand Bocage vendéen près de Bressuire, et le groupe central, localisé dans le Massif central, dans le Bourbonnais, notamment, à Arfeuille, à Aurouër  , à La Font-Chenard, et à Marcillat dans l’Allier] du phénomène souterrain annulaire  suivrait alors la trace d’une migration partie depuis le bassin du Danube. Les peuples migrants n’auraient creusé des ouvrages que dans leurs régions d’installation, d’où des discontinuités dans la répartition. »
Le nom des Boïens.
La démographie des Boïens les amena à émigrer :
1 en Afrique du nord , avec le roi Bogudos qui conquiert le futur Maroc (la Tingitane, près de Tanger) et la Tunisie près de Sfax, où l’on trouve des souterrains annulaires , dites les catacombes de Bou-Thadi, cités par J. et L Triolet, op. cit. , p.68, étudiés par le commandant Martignon en 1940, mais que la superstition interdit aujourd’ hui aux mécréants de visiter. Bou- Thadi vient de Bo-(gu) tiana (devenu Tingitana)  nom du royaume du roi boïen  Bogudos ; 
ils explorent les Canaries, Gomera, Madeira,les Açores1 ;  
2 en Anatolie, où l’on trouve les Talisboii qui sont des BoIens en Galatie dans la Tétrapole gauloise ; on trouve en Arménie une contrée, la Corduena, de ghor(go)bina  et un port du Pont ,Cordulè, de corduna, ainsi qu’un fleuve en Arménie du nom de Cyrnos , une ville de Mésopotamie appelée Korsôpè.  La Chalcidique, de gargud-
3 en Russie, Borodino,  de gor(g)oduina.
3 en Grèce, en Doride (ville de Boion), en Laconie (ville de Boea)et surtout en Béotie qu’ils conquièrent (grec Boiotis,génitif  Boiotidos), avec un groupe d’îles appelées Corseae près de l’Ionie une ville appelée Corsiae Thebae, la Thèbes corse.  ; on a aussi une. île du nom de Cyrnos près de  Carystos , aujourd’hui Caristo, ville de la côte sud de l’Eubée. Notons aussi  un groupe d’îles appelées Corseae, les îles Corses,  près de l’Ionie ;
4 en Italie, où l’on peut relever la ville de Gorgonzola, à rapprocher de la Gorgobina boïenne  citée par Jules César ;  le peuple émigré en Gaule transpadane et  cité par Tite –Live, 5, 35, 2 s’appelle les Boii.Ils ont laissé en Etrurie le nom de la ville de Cortona (cf pour le côté ibère la ville de Cortona en Espagne Tarraconaise) et de Crotona en Grande Grèce.
5 en Corse et en Sardaigne. Ils laissent en  Corse deux noms aisément  reconnaissables: (Sarrola , diminutif de Sari,valeur, prix, -Carcopino et Bavelle, cf. Bavière, qui signifiait d’abord  la patrie des Boïens, de bavaria , bavalia reconnaissables .
Surtout les Boïens laissent ses deux noms à la Corse , Corsica et Cyrnos. Le nom latin Corsica vient de ghorgsa, puis par métathèse du s avec développement d’une voyelle d’appui i,  ghorsgha, korska . Nous avons deux  variantes corses  avec le nom d’une commune corse,  Corscia, de gorghsia.,et avec le nom de Carghèse  Kurnos, le nom grec, vient du nom entier de Gorgobina,   ghor(bi)nos (voir mon blog le nom de la Corse). Le nom de la Sardaigne, latin, Sardinia, vient peut-être de ghsarbuna, ar étant un r voyelle et bu évoluant en d, cf  l’évolution inverse en latin duo et bis, de duis. Citons encore Cortè et Corticchiato, de ghorghobino, donnant gorgisano,  avec métathèse du i et du s, cf . Carchetto (-Brustico) , de Garghes(n)o.
 Liste d’autres noms corses d’origine boïenne : Vezzani, Rospigliani, Carbuccia, Orezza, Sari d’Orcini, Solacaro , Solenzara, Piana.
La finale corse ne se prononçant plus, la dernière syllabe est notée artificiellement en –o, sigulier, en i, puriel, ou en a, féminin , ou collectif , comme en ibère. .
Vezzani .
Les Boïens s’ y installèrent à cause des mines de cuivre, très anciennement (-800 peut-être). Sous la chaire de l’église, demeure enchaîné par le christ un géant (cf . Gargantua ), Borvos.
En Italie il existe une Vezzani en Sicile et une Vezzani Ligure (tel est bien son nom) dans le nord : c’est de cette dernière que les migrants boïens sont venus très tôt. Ligure ou ibère sont identiques et désignent les Boïens , qui avaient construit en Italie un ensemble de cités dont la capitale était Felsina ». Felsina vient de ghorgs(ob)ina , identique à Gorgobina. Felsina évolue en Bolonia, de volo(bi)na, volonia, Boulogne.  Volsinii , au  voisinage (aujourd’hui Belsena) , vient aussi de ghorgs(ob)ina , comme  Bolonia .Vezzani est à rapprocher de Felsina ou Volsinii,velsani.
Rospigliana, de ghorghobina, rosgbina, sp venant de sgi ;
Carbuccia, métathèse syllabique de (ghor)gharcciabu (na) ;
Sari d’Orcini, de (gh)orghsbini,sari signifiant un endroit de valeur ;
Orezza, site privilégié pour un dieu des eaux thermales, de ghorsghia ;
Corte, (Cuttoli) Corticchiato, métathèse syllabique de ghorghsiatina ; Carchetto (-Brustico) , de garghes(n)o.
 Solara, de (ghorgh)sobina , solira, solara ;
Solenzara,de gharasolena
Piana est apparenté à un mot espagnol d’origine ibère, signifiant la roche, peña, et désignant peut-être une roche dans laquelle la colère de Poseidon avait transformé le vaisseau des Phéaciens après avoir ramené Ulysse à Ithaque;
6 en Espagne, Corduba, Cordoue en Bétique, de Ghor(go)bina . Calagorris, de ghorghobi(-na) avec prolepse du r [aujourd’hui Calahorra, patrie de Quintilien], ainsi qu’une deuxième ville du même nom en Tarraconnaise devenue aujourd’hui Loharra, de (Ca)lahorra, avec métathèses syllabique et  vocalique , cf .  Cagliari en Sardaigne, de calari, de cara(go) ri
Selon le Net, « au début du IVe siècle av. J.-C., une partie du peuple boïen émigre en Italie, où il s'installe dans la région de Bologne en Émilie- Romagne[]. Les Boïens y construisirent un ensemble de cités dont la capitale était Felsina ». Felsina vient de ghorgs(ob)ina , identique à Gorgobina. Felsina évolue en Bolonia, de volo(b))na, volonia, Boulogne.  Volsinii (aujourd’hui Belsena) vient aussi de ghorgs(ob)ina , comme  Bolonia . « Les Boii avaient au nord les Lingons, et au sud l'Apennin qui les séparait de l'Étrurie. Ils furent soumis par les Romains en -193. Plusieurs nécropoles ont été fouillées au Monte Bibele, à Monterenzio Vecchio et à Casalecchio di Reno.
Par ailleurs, des fouilles réalisées à la fin du XIX e siècle, au sein d'un complexe funéraire sur le site de Certosa en Lombardie, ont permis d'attester l'établissement des Boïens dans cette autre région. Le corpus de sépultures, d'une remarquable richesse numéraire et matérielle, a délivré des artéfacts archéologiques témoignant de l'origine ethnique boïenne des défunts. La nécropole de Certosa est datée aux environs de la fin du Vie siècle av. J. C. ./début du Ve siècle av. J.-C.[ démontrant ainsi une évolution simultanément géographique et chronologique de l'implantation boïenne en Italie du Nord[]. »
7 en Allemagne, où le nom de la ville de Passau vient de Boiodorum ; 
8 en Gaule, avec les Cimbres en -110 (installation dans le massif armoricain  près de Vannes avec  gravure  de certains dolmens qui préexistaient à leur arrivée  et installation dans le  sud-ouest des Boïates (de boiodes ) de l'Aquitaine, dont le territoire est le ci-devant pays de Buch, de Boii,  en Gascogne, et à Boueysseix (de Boiodes ) en Dordogne, où il y a un souterrain annulaire , ainsi qu’en Bourgogne (de borgonos avec attraction de Burgondes) Aloxe- Corton où Corton vient de Gorgobina). . Ils ont laissé aussi  un souterrain annulaire au sud de la Garonne dans le Gers ainsi que la ville de Boii, où règne le peuple des Tarbelles, métathèse de avar-elli, varavelli, cf .  Tarbes (Hautes-Pyrénées), dont le nom ancien était Beorritania, le pays (tani) des Ibères, cf ; le nom du Béarn, de béor(rit)an(ia).    Puis, eut lieu une seconde émigration  avec les Helvètes à l’époque de Jules César. Ils creusent les souterrains circulaires du Bourbonnais qui nous occupent (16 dans le seul territoire d’Arfeuilles).
Ils ont pour divinité  Borvos ou Borbonos dont le nom est souvent devenu par métathèse ronobos, roniobos, qui donne la forme attestée  Rudiobos (cf. les toponymes de Rambeuil et Rambouillet) ou robonos,  rudianos,qui donne la forme attestée   Rudianos (cf. Rueil, Roanne et  Ruabourg, altération de Ruabos, pour la divinité  Rudiabos, et où se trouve un souterrain annulaire avec une source près de Blois, car Borvos est aussi le dieu des sources,  cf . Jérôme et Laurent Triolet, respectivement docteur et agrégé,  dans Souterrains et croyances, Mythologie,folklore, cultes,sorcellerie, rites initiatiques, Editions Ouest-France, Rennes , 2002 , 130 pages, p.65-88),  p. 82.
A La Chapelle-Saint- Amador (confins de la Sarthe et du Vendômois, commune de Sougé –sur-Braye)) et à Rocamadour, en lien avec le culte souterrain de la Vierge noire ibère , et à  Dennezé-sous-Doué.

1) Roc Amadour présente un cas de déglutination du k initial et de christianisation  : il faut partir de roc Camadour, de gorgoduima, par métathèse gar(go)madu(i), kamadour . On retrouve le même nom Amator, dans un lieu-dit de la commune de Sougé- sur- Braye près de Vendôme. Là on prétend qu’à la fin du XVII è siècle ce haut lieu sacré accueillit certaines reliques de saint Amadour qui aurait été incinéré.  Mais le nom préexistait, bien évidemment, et il y existait une pratique de circumambulation souterraine dans de vastes souterrains qui entourent sur trois côtés  la chapelle troglodytique (Op. cit. , p. 86). La Vierge noire ibère, comme au Puy –en- Vélay, à Pézenas dans l’Hérault,  et à Chartres  représentait, -souvenir d’un habitat polaire, -la jeune fille solaire au-dessous de l’horizon dans les ténèbres avec en son giron son jeune enfant, le futur Soleil, le 25 décembre, la circumambulation visait à aller chercher l’enfant et à l’accompagner  à la lumière du jour.
2 Le long passé de Doué –la- Fontaine et de Dennezé.
1 La préhistoire ibère.
A Doué –la- Fontaine, plus exactement à Dennezé, la Cave aux Sculptures n(est qu’un  réaménagement tardif  d’un souterrain boïen. Le nom de Dennezé, qui existe aussi pour une autre commune du département où l’on n’a pas encore cherché de caverne,   attesté sous la forme Danezio en 1055 et ecclesia de Daneze (l’église de Dennezé) en 1255, signifie le pays de  l’Hadès souterrain (Hadès, haidas en grec   métathèse de Ditis ou Dis , en latin dieu des morts ,ditus,ditas, avec prolepse du a et du i , haidas,   a même origine), et vient de tania ditis,  la région (tania) souterraine ,  donnant dani(ad)isi(s), danesi , denasi, denesei,  à rapprocher du nom de Dis avec i long , ou Ditis, équivalent de Pluton et d’Hadès, le dieu des enfers, ainsi que du nom indigène de l’Atlas, Dyris, de dutis, ditis. De même, dans le Bugey, Dis-Arar, signifie l’Arar souterrain et désigne une résurgence du Guiers (voir mon blog sur les Mabubii et Alesia).
 Quant à Doué, le nom vient du nom de la déesse boïenne (Gorgon)duina, et de dui,duei,  à rapprocher des noms de Doui ,de Droué, de Douai.  


2 Le Moyen Age : les « diableries  de Doué » (Rabelais).
A partir de la fin du XIV e siècle, apparaissent des confréries chargées de monter et de jouer  des mystères, du latin médiéval misterium, , cérémonie,office religieux, par confusion de mysterium (grec mysterion) , assemblée secrète, et de ministerium, sacerdoce, service sacré. C’étaient de vastes drames d’inspiration sacrée, mais mêlant des éléments bouffons et satiriques. Ce mélange de profane et de sacré souleva le scandale et, le 17 novembre 1548, le Parlement de Paris interdit aux Confrères de la Passion la représentation des « mystères sacrés ». Mais, apparemment, à Doué, l’interdiction n’est pas respectée et , avant la mort de Rabelais, qui survint vers1553, Doué était encore connu pour ses grandes diableries, des mystères à quatre personnages que dénonce Rabelais et qui se jouaient dans le souterrain, les statues ayant été exécutées dans le tufeau à cette époque d’interdiction (de 1548 à 1555) . La diablerie représentait  l’enfer où les âmes des damnés croupissaient dans l’attente du Sauveur. Les 4 personnages de la grande diablerie sont peut-être le Diable (le Calomniateur en grec), Judas, Madeleine, saint Paul. Pareillement, au gouffre de  Padirac, du nom de la déesse Gorgodina, (k)arkadira,krakadirak, radiral, vadirak,  existe une légende  qui présente  saint Martin sur son âne devant franchir le gouffre afin de libérer de Satan les âmes des êtres humains. Les statues mystérieuses de la caverne de Mousseau  pourraient, en partie ,  relever de ces confréries chrétiennes de comédiens : la fraise, le haut -de –chausse valois, le caleçon féminin l’ « époitrinement » (cf. le mot « espoitronné » au XII è  et au XIII è siècles , Roman de Renart, « une vieille espoitronnée qui ne peut plus[mes] ses seins[pies][re tenir ),dépoitraillée dirions-nous,  ou décolleté  valois à la vénitienne qui étaient à la mode à la cour de France durant la seconde moitié du XVIe siècle. Les deux femmes représentées semblent reprendre les amours et les  débauches  de Judas et la vie mondaine de Madeleine la pécheresse   qui figurent dans les 65000 vers du Mystère de  la Passion de Jean Michel,  mystère qui exigeaient dix journées (nous n’en connaissons plus guère  que le dialogue de Jésus et de sa mère qu’on apprenait encore par cœur de mon temps et qui se  termine sur le vers : « Accomplir fault les Escriptures »).
Le sens des églises souterraines.
On trouve, soit, le plus souvent, des souterrains près d’églises ou même sous elles, soit des églises souterraines seules. Je renvoie au livre déjà cité de Jérôme et Laurent Triolet. Mais , pour moi,le culte souterrain est lié à la Vierge noire qui représente le soleil disparu  au solstice d’hiver , souvenir de l’habitat nordique, voire arctique,  des Boïens.(voir mon blog sur la Vierge noire). L’enfant dans son giron représente le futur soleil naissant, et non pas le Christ., et le dies natalis qui adonné le mot noël est le jour de la naissance du futur soleil. A Dennezé, étymologiquement le pays de  l’Hadès souterrain (Hadès, haidas en grec   métathèse de Ditis ou Dis , en latin le dieu des morts ) ,  le souterrain était le lieu du culte du Soleil à la Noël notamment. Le christianisme accepta cette tradition païenne.  Les sculptures sont en grande partie l’œuvre de la confrérie des comédiens de Mousseau.
Quand  les représentations de cette  confrérie chrétienne  de comédiens tombèrent  en désuétude ,à partir du milieu du XVI è siècle, une  confrérie de maçons prit le relais.
3 La confrérie de maçons ou maçonnerie opérative de Dennezé  qui, à partir de la fin du XVII è siècle,  sera transformée en maçonnerie spéculative , la loge de Saint Paul à Mousseau(x).   
 Les confréries d’artisans maçons   furent frappées par  l’édit de Villers –Cotterets de 1559 qui interdisait les confréries de métiers, et celles des  maçons notamment .Dès lors, la confrérie de Dennezé   réutilisa   les souterrains de Mousseau  afin d’échapper aux foudres de la loi, s’y réunissant et y  procédant à ses  initiations. Est-ce cette confrérie qui créa les sculptures ou qui, du moins, en ajouta d’autres à celles que la confrérie de comédiens avait déjà créées ? A. Faucou a identifié dans les éléments vestimentaires le ruban de veuvage ou pointe de Médicis caractéristique des mythes ésotériques de l’histoire de la  maçonnerie : les enfants de la  Veuve, pour désigner les maçons, comme le tronc de la Veuve,pour désigner le coffre en forme de tronc pour les pauvres, la caisse de secours mutuel,  font allusion au meurtre d’Hiram, le constructeur du temple de Salomon,  et à la fraternité issue du meurtre du père, la veuve étant la veuve d’Hiram, le roi de Tyr au service de Salomon
4 Après 1688, le rite maçonnique écossais ancien.
En 1688, Jacques II est chassé du trône d’Angleterre et d’Ecosse par une révolution. Il  se réfugie en France à la cour de Louis XIV, entraînant dans son exil quelque 50000 militaires   écossais et irlandais qui répandent dans toute la France  la bonne parole de leurs rites.   Ils fondent peut-être la loge maçonnique Saint-Paul à  Dennezé- sous- Doué. « Dans la liste de ses membres  figurent des patronymes  que l’on retrouve dans les familles vivant au-dessus de la cave aux Sculptures » à Mousseaux (pour  Mousseau, singulier pris pour un pluriel, le u final ayant été lu x), commune de Dennezé (op .  cit. , p. 47) Aussi  J. et L .Triolet, op. cit, p. 46, citent-ils  les recherches en archives de la conservatrice de la cave aux Sculptures , A. Brethon , reprises par B. et A. Faucou , sur le village de Mousseau ( (du singulier misteriolum  , petit mystère, au sens de petite assemblée secrète, d’une métathèse  mosteriolum qui a laissé en toponymie  les noms moustiers, Mottereau , etc.   et laisse ici le toponyme moussel, de   moste(rio)l, mossel , moussel,moussea,la franc-maçonnerie de ite écossais ayant repris la tradition  . C’est là qu’est située  la mystérieuse cave dite aux Sculptures. « Cette localité regroupait un certain nombre d’hommes travaillant dans la pierre »   et , dans un texte de 1709,  on peut lire « carrie de vieils massones » pour désigner le lieu-dit de Mousseau , -une série d’anglicismes pour quarry,   carrière de pierre  en anglais,   lieu où l’on équarrissait les blocs de pierre,  à rapprocher du latin quadratarius,  tailleur de pierre, celui qui taille en carré, c’est-à-dire en cube pour nous, qui équarrit les pierres,  -au neutre  qua(d) r(ata)riu(m), quarrie,   carrière de pierre en anglais , le mot français carrière (de pierre) venant de qua(d)ra(ta)ria.  Les « vieils massons », autre anglicisme visible dans l’orthographe et surtout dans la notation de la prononciation « massone », sont la traduction de l’anglais ancient ou antient,  les  « Anciens » ,c’est -à- dire les  Ecossais de la Grande Loge d’Ecosse, les « antients » de la Grande Loge d’Irlande, les Maçons de Rite Ecossais Ancien et Accepté [accepté étant un anglicisme, accepted, qui,  comme en latin acceptus, signifie qui est admis universellement]). Les « vieils massones »  renvoient  aux Antients  francs-maçons  (anglais free massons ou massons tout court) de la Grande Loge d’Ecosse.

L’origine des Boïens.
Le mot boïen , latin Boii, vient de bovani, bavani, de Avar, autre nom de ce peuple provenant du nom  des Ibères ou Avars,  et se retrouve dans le nom de la Bohême, Bohiemum, ou Boiohaemum (d’où le français Boïen, en ajoutant que les Bohémiens au ses de Romanichels sont censés en provenir), dans le nom de la  Bavière, qui signifiait d’abord  la patrie des Boïens, de bavaria , ou dans le nom des Moraves, dans l’actuelle république tchèque ,métathèse  de ma baravi,  ma voulant dire terre et étant apparentée au sanskrit ksama, terre, à l’avestique zam, au phrygien zemelô, au grec chamai, à l’irlandais du, accusatif don, au latin humus etc. ,et  donnant ma  bavaria  . Ce sont toutes régions où l’on trouve des souterrains annulaires, dans la vallée du Danube, à Pfaffensclag, Kleinzwettl, Watzendorf, et en Basse-Autriche, à Gross- Eberhards, au nord-est de Linz, dans le sud de la Bavière et en Moravie, etc. A noter que, en Aquitaine, ils ont laissé une ville, Boii, où règne le peuple des Tarbelles, métathèse de avar-elli, varavelli, cf .  Tarbes.   
Au cours de la migration vers la Gaule, aidée par César (I, 5, 4) et leurs alliés  les Eduens,  ils vont s’installer dans le Bourbonnais , auquel ils vont donner le nom de leur dieu Borbon , féminin Bormona ou Damona , voire Pomona chez les Etrusques, Boand de la mythologie scandinave, (la Bourboule, Bourbonne-les-bains, Bourbon-l’Archambault, Bourbon Lancy, Barbotan –les-Thermes, et en Allemagne Worms de borvos et Burtscheid , de borgodos , puis dans le Berry (de ibéri),  où ils creusent le souterrain annulaire du Fourneau et fondent Avaricum (de avar), dont le nom survit dans le fleuve Auron,  de avar, -on,  dans celui de l’Yèvre ,de avara, dans lez nom  de Dun –sur-Auron , de avar-on, Plusieurs noms de villes : Gorgobina (César, Guerre des Gaules,7, 9,6 qui nous dit qu’il s’agit d’une ville fondée par les Boïens) qui tire son nom de la divinité  borbon  –iva, puis par métathèse borbobina (cf. la ville de Gorgonzola en Italie, de ghorghso(bi)na, où le z est la relique d’une consonne à appendice sifflant ghs , avec prolepse du n et du ghs, donnant gorgonsona, puis dissimilation ) ; enfin Sancerre et Sancergue .
Gorgobina, la cité des Boïens (apparentés aux tribus peuplant la Bohème) : chavignol et Gortona, près de Sancerre,  et  Sancergues
Voici ce que nous apprend le Net : « On sait que les Boïens ont été installés par César dans un territoire  qui comprend Saint- Parize,  Sancergues,  Sancerre et Saint-  Satur. Le nom de la localité est attesté sous la forme Gartona au Ier siècle .Gartona vient de Gorgobina [ par Gargo(bi) na ], capitale des Boïens chez les Héduens grâce à César. Mais la ville va changer de nom avec le transfert des reliques d’un saint africain  [du III e siècle, Saint Satyr, nom qui donne Sayre en ancien français]. Les formes latinisées apparaissent tardivement : [castrum] sancti Satyri en 1034[5], [castrum] Sanceri [le camp de saint Satyr ou Sayre orthographié cer au génitif] en 1129. »
« La hauteur primitive sur un plateau élevé à deux kilomètres sur la rive gauche de la Loire est associée à la légende du conquérant des Gaules, César. En 1146, sacro Cesaris en est d'ailleurs une dénomination de moine copiste. Ces sources érudites et historiques du XIX e  siècle sont reprises par Lalanne[6]. Selon, cette légende, le nom « Sancerre » serait tiré d'un hypothétique *Sacrum Caesaris … christianisé en *saint César ou saint Cère.Les études toponymiques modernes rejettent cette explication. Si le nom antique du site de hauteur gaulois est Gortona, l'oppidum est bien antérieur à la conquête des Gaules. L'occupation de cette hauteur remonterait au-delà de la période celtique de Hallstatt. Attirée par l'eau abondante, une petite cité gallo-romaine s'installe dans la plaine alors que le site de Gortona est abandonné. Un sanctuaire dédié à saint Satyrus, martyr africain du III e  siècle  s'élève à proximité des voies marchandes et d'un cimetière externes à la petite cité. Elle préserve le nom du martyr africain dont les restes auraient été apportés là[.]
Au VIII e siècle, est attesté un habitat de hauteur sur la colline, toujours dénommée Gortona, selon des fouilles archéologiques. Une partie des reliques y est mise fin IXe  siècle à l'abri des pillages..Sancerre est donc un *Saint-Satur[7] analogue à Saint- Satur (Cher, S. Satyrus 1104). « .Localisée dans la partie de la Gaule située entre la puissante tribu celtique des Biturige et celle des Éduens La colline de Sancerre surplombant l'un des rares endroits guéables de la Loire aurait intéressé Jules César qui y sédentarisa un peuple originaire de Bohême, les Boïens. La ville de Gordona, « cité capitale » de ce peuple, occupe aujourd'hui ce qui est devenu le quartier hors les murs de Saint- Romble de Sancerre et Saint-Thibault- sur -Loire, village marinier (commune de Saint- Satur)[Chavignol  est le seul nom qui nous teste de Gorgobina aujourd’hui dans les environs. Le nom   gharbina + un suffixe diminutif en –olum,  vient de Chaveneium mentionné en 1129 dans les archives de l'abbaye Saint-Satur : []Dans son ouvrage daté de 15474, Histoire mémorable du siège de Sancerre l'écrivain français Jean de Léry  parle du village de Cheueniol[].
]San cergues a profité de la disparition du nom de Gorgobina et de Cortone abandonné par Sancerre à la suite du transfert des reliques de saint Satur pour en reprendre le nom. Sancergues  vient d’une forme  Cirig , qui est attestée : on peut supposer  que Cirig  vient , comme Cortone, de Gorgobina , par une autre évolution, à partir de gorgobu(in)a, donnant gorgua , puis girgue , ensuite ,  par développement d’une voyelle d’appui i , girigue , enfin gergue.
Citons , bien sûr, Gergovie (les Côtes -de- Gergovie) de gorgobi(n)a, et Genabum,d’une métathèse de (gor) gobina , gonabium, genabium,  Giens , ainsi que les nombreuses cités qui ont des noms analogues comme Gênes, Genua,  de (gor)gebina , gevina, puis avec métathèse genavia, ou Genève (ou Mont-Genèvre , de grenève ), latin  Genava, de (gere)gobina, avec r voyelle donnant ere, puis avec métathèse gonabi + a , genava. Ou encore La Trebie, de g(e)er(go)bi (n) a, où le tr initial vient de gr , Trèves, Iéna, de (gorgo)bina .
Gorgo bina  signifie la redoutable Gorgô ou Borvo, de Gorgobina , gorgodvina, puis avec métathèse gordvo-duina , gorgavo, borbavo, ; et de bina , redoutable,  grec dveinos, latin bona dans Bona Dea , arménien erkncim, erk correspond au latin duo, deux (cf .  bis, deux fois , et bellum, guerre, de duellum).

On trouve nos souterrains annulaires dans le Bourbonnais, où l’Allier est le fleuve avar, Elaver en latin, de adura- avar, dans le Berry. Les Boii se situent entre l’Elaver (Allier) et la Liger (Loire), et leur territoire répond à une partie du Bourbonnais. Ils tiennent leur lieu d’installation  du fait que la tribu des Boïens, ayant accompagné la migration des Helvètes, battus par César en -58 et au nombre de 32 000 guerriers, a été confiée  aux Eduens (Bourgogne) qui les installent dans cette région.« À la demande des Héduens, les Boïens reçurent, à cause de leur grande réputation de valeur [souvenir du roi Boiorix, un chef des Cimbres, de Ki[m]bère] , la permission de s'établir sur leur propre territoire ; on leur donna des terres, et ils partagèrent plus tard les droits et la liberté des Héduens eux-mêmes. » Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre I, 28. C'est sur ce territoire qu'est située Gorgobina, ville qui, selon Jules César, résiste à Vercingétorix pendant la Guerre des Gaules[].Enfin, citons les Boïates (de boiodes ) de l'Aquitaine, dont le territoire est le ci-devant pays de Buch, de Boii,  en Gascogne, et à Boueysseix (de Boiodes ) en Dordogne, où il y a un souterrain annulaire  doivent être une autre branche , arrivée avec la migration des Cimbres et des  Teutons de -110   .Ils ont laissé aussi  un souterrain annulaire au sud de la Garonne dans le Gers.









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JOACHIM MARTINEZ DE PASQUALLY ET LES ELUS COHEN A SAINT-DOMINGUE

JOACHIM MARTINEZ DE PASQUALLY ET LES ELUS COHEN  A SAINT-DOMINGUE.
Le capitaine Joachim  dom Martinez de Pasqually fut l’inspirateur des illuministes du XVIIIe siècle et de la secte maçonnique des Elus Cohens ou mieux Coëns.Comme Socrate ou le Christ, il n’a pas laissé de son vivant d’ouvrages et son enseignement est connu par des ouvrages tardifs comme le Traité de la réintégration des êtres dans leurs premières propriétés , vertus et puissances spirituelles  et divines, Paris, 1899,8°, IX-388 p., par M. de P.(apus), Papus étant aussi l’auteur en 1895 de L’illuminisme en France(176+7_1774), Martinès de Pasqually, sa vie, ses pratiques magiques, son œuvre, ses disciples , suivi du catéchisme des élus Coëns, Paris,  1895, 16° 263 p. Le principal de ses disciples est le marquis Louis -Claude de Saint-Martin, né à Amboise en 1743 et mort à Aunay en 1803, auquel le martinisme doit son nom.
  Mous ne savons pas grand’chose de certain sur  le thaumaturge Martinez, mais nous savons au moins qu’il  avait épousé, le 22 août 1767, à Gornac près de Bordeaux où il habitait  alors,  la nièce d’un riche colons de Saint-Domingue, Marguerite Angélique Collas , fille de Anselme Collas . Elle aura un enfant
: Jean –Jacques Philippe Joachim Anselme de La Tour de la Case, 1768-1838 marié à Marie- Martine Berges le 26 mars 1813 . A la mort de son mari Martinez,  elle se remariera, en 1779, avec  Jean d’Ollabarratz junior né   à Saint-Jean –de- Luz le 20 octobre  1727, qui était le fils de Jean d’Ollabarratz et de Catherine Despiaube , lui-même fils de Jean d’Ollabarratz et de Michèle Muste De Pardieu de Franquesney .Etait-ce un cousin de sa femme ? En tout cas le nom de Franquesqney est bien connu à Saint-Domingue, car le 21 janvier 1691, Limonade est le théâtre d'un important affrontement entre Français et Espagnols. En représailles de l'attaque et de la destruction de Santiago (Saint-Yague, dans la partie orientale de l'île) en juin 1690, trois mille Espagnols attaquent les Français. La bataille fait plus de 300 victimes chez les Français, dont Pierre-Paul Tarin de Cussy et Francois Depardieu de Franquesnay (Famille de Pardieu) tous deux anciens gouverneurs de l'île de la Tortue[ . ]. L’origine du nom de l’île nommée Hispaniola auparavant  se trouve dans le nom de la capitale, de la partie espagnole (la République Dominicaine) , Saint-Domingue (Santo Domingo en espagnol), elle-même baptisée en l'honneur de saint Dominique de Guzmán.
Or, à la suite du  décès survenu vers 1771 à Saint-Domingue d’un parent de sa femme, nommé Pierre Collas, homonyme et parent d’un major du régiment de Foix installé à Saint-Domingue,   le capitaine Martinez se rendit à Saint-Domingue pour recueillir l’héritage ; Il s’installa en 1772 à Port-au-Prince, puis à Léogane  (les propriétés se trouvaient, peut-être, à Jaquemel ou au lieu-dit l’Ester), et y mourut le 20 septembre  1774.
L’acte de mariage du 27 août  1767 à Gornac (Gironde).
Martinez y paraît sous le nom de Mestre Jacques de LioronJoachim de La Tour de la Carce Joachim  Martinès  de  Paschuali, fils légitime de feu Messire La Tour de la Care et de dame Suzanne du Mas de Senau ; la signature est de Dom Martinès de Pasqually. Il y est fait référence à un certificat de catholicité. Le mariage , selon le renvoi en marge, a  lieu entre Mestre (il n’est donc pas considéré comme noble, car il serait qualifié d’ « écuyer et non de maître) dom Martinez Joachim de Paschuali et demoiselle Angélique Marguerite Colas, ; elle est la fille légitime de Anselme Colas, bourgeois, et de  Marie Anne Mauvigné. entre .
 Le nom de La Tour de La Carce, altéré par la suite en la Case.
Ce père imaginaire vient du nom d’un protestant fondateur de loges maçonniques , Pierre de  La Tour de la Charce  qui émigra en 1680 et prit du service en prusse . , avant 1749 ,  introduisit en France,  dans sa loge militaire de Nantes ,de rite écossais, les hauts grades , comme le grade templier de chevalier kaddoshe . Plusieurs branches de cette famille alliée aux la Tour du Pin, les la Charce et les Gouvernet, ont introduit les hauts grades  templiers dans les loges militaires de Saint-Domingue, en particulier dans le régiment de Foix qui y est installé depuis 1760..
 Lorsque meurt, en 1778, Caignet de Lester, qui serait un cousin de notre prophète et qui succéda à Martinez comme souverain de son ordre des Elus Coëns, celui qui prend sa suite est  un Sébastien de Las Casas, altération de La Carce, qui ordonne la clôture des huit temples coëns existants à  La Rochelle, Marseille, Libourne .Paris et Saint-Domingue. Le nom de la rivière de la Tour près de Léogane, doit peut-être son nom à Martinez, comme   la rivière et le lieu-dit l’Ester à la famille alliée de l’Ester.
L’acte d’embarquement pour Saint-Domingue en 1772 ;
Le registre d’embarquement du 26 avril 1772 écrit : «  J’atteste que M. Jacques Pasqually de Latour, « écuyer [noble] …de moyenne taille, cheveux noirs, portant perruque, professe la religion catholique, apostolique et romaine, lequel désire s’embarquer par le navire le Duc de Duras,Capitaine Duquatz, pour aller à Saint-Domingue. Bordeaux, le 26 avril 1772. Signé Depasqually de la Tour ». Il embarque le 6 mai 1772.
L’acte de décès de Saint-Domingue.
« Ce jourd’hui , 21 septembre 1774, a été enterré dans le cimetière le corps de Mr Joachim Dom Martinez de Pascali Delatour, écuyer (c’est-à-dire noble), …, marié à Bordeaux (en réalité Gornac) avec mademoiselle Collas. En foi de quoi [moi   Guérin] j’ai signé avec M. Collin [de l’ester, cousin] et M. Drian présents audit enterrement. »… Signé Guérin, Drian et F. Lafaurie. »   Son patronyme complet aurait, selon certains, été Joachim [devenu Jacques] Martinez  ou Martinès de Pasqually ou  Pasqualli de Livron ou Llioron  (né à Logroño) La Tour de la Case ou Casa (altération volontaire de La Garce]. Martinez teste  en 1774 en faveur de son cousin Armand- Robert Caignet de l’Ester, commissaire général de la marine à Port-au-Prince depuis 1771 qui devient souverain de l’ordre des élus Coëns.. Dans la région de Léogane, on trouve une rivière appelée de l’Ester en l’honneur de son propriétaire, le cousin de Martinez, ainsi qu’un lieu-dit plus près du Cap.où les propriétés pourraient avoir existé.
Le mystérieux héritage.
En 1779, le contrat de remariage passé par - devant Me François , notaire à Bordeaux, le3 juillet 1779,, de la veuve de Martinez ,  Marie Marguerite Angélique Collas de Magnet , et de Jean D’Ollabarratz ,  prévoyait une dot de 40000 livres ( argent de France ) en faveur de la future. Elle serait à prendre après le décès de Jean-Baptiste Colas de Magnet ,parrain et frère de la future, qui, d’accord parties, avait été désigne comme fidéicommissaire pour l’héritage de l’oncle d’Amérique, Pierre Colas, l’héritage devant à sa mort revenir aux  autres héritiers et à  la future.  Jean D’Ollabarratz se rend au Cap à Saint-Domingue pour faire enregistrer ce testament auprès du notaire Me Tach le 16 août 1781 , peut-être après la mort de J. –B ;Colas. En 1838, trois dames de Verteuil (voir ci-dessous) et Pierre La Tour Marliac , marié le 28juin 1795  à Marie -Thérèse Bonseigneur, morte en 1841, dont les Bonseigneur sont héritiers,  invoquent un testament fait  par Colas de Magnet  vers 1790 ou 1791 en faveur de Latour- Marliac(son fils naturel ?) , devant Me Bourgeois , notaire au Cap ou Me  Bressac, notaire à Port- de- Paix (à Saint-Domingue également).
Jeanne Marguerite de Collas (1760-1775),fille de Pierre de Colas , chevalier de l’Ordre royal et militaire de saint Louis,  major au régiment de Foix , frère de la femme de Martinez, , né vers 1700/1725,  et frère de Jean-Baptiste le fidéicommissaire des biens hérités,  a une fille Jeanne , qui épouse le 01/11/1786  à Escoussans, Gironde, Jean-Philippe de Verteuil  et décède à Monprinnblanc,Gironde , le 2 août 1789, , dont 3 enfants Etiennette Verteillette , mariée avec Duroc de Marin ; Marguerite Eudoxie  et Jeanne Antoninne , mariée avec de Mondenard
Les rumeurs d’une origine portugaise, ou encore grenobloise, de Martinez.
Le père de Martinez était né à Alicante en Espagne (il est dit avoir 67 ans  le 20 mai1738,  ce qui le fait naître en 1671, d’où il émigra à Logroño, toujours en Espagne, écrit avec un l mouillé ly ou li,  soit Lior(g)on.Son fils  aîné, notre Martinès, est né à Logroñ et  aurait 29 ans en 1738, ce qui le ferait naître en 1709 ou 1710 .
Avec le fort accent de dom Martinez junior qui , en raison de son enfance en Espagne parlait mal le français, cela donna, alors qu’il était né à Logroño,  la fable d’une naissance à Grenoble, dont le nom ressemble à Logroño, où les chercheurs n’ont rien trouvé, et pour cause ! Cela a donné aussi le fait qu’on ait cru qu’il s’appelait Lioron et que tel était son patronyme, alors que c’était seulement son lieu de naissance (« de Logron) ». . 
La rumeur d’une origine juive de Martinez à cause du nom des élus coëns, écrit Cohen.
D’où vient le nom des élus Coën ? Certainement pas de Cohen ni de la langue hébraïque. D’ailleurs, Martinez a fourni son certificat de baptême catholique à son mariage et à son embarquement . Martinez a emprunté ce nom Coën à Anacoena, reine et samba (prophétesse) de Haïti, la soeur de Caonabo, cacique du royaume haïtien de Xaragua, ou Yaguana. Anacoena utilisait ldes pratiques magiques destinées à évoquer les morts, qui devenaient des morts-vivants, des zombis pour utiliser le mot haïtien.La statuette en cire destinée aux envoûtements lorsqu’elle était piquée avec des épingles ou à l’évocation des morts  s’appelait d’un nom dérivé de daggoud , mot d’origine ibère, mot qui, par métathèse du d final , a donné  vadou, puis vaudou.
Quelques étymologies créoles.
L’île avait trois noms amérindiens, Aïti, Bohio et Quisqueya .Elle était divisée en 5 royaumes : Jaragua, Magua, Marien, Maguana, Higün, qui vont laisser des traces dans la toponymie de l’île, mais altérés et souvent peu reconnaissables. Le 24 décembre 1492, lors du premier voyage du Christophe Colomb, son navire amiral, la Santa Maria, fait naufrage au large de la localité de Bord de Mer. Grâce aux hommes de la tribu du cacique du Marien Guacanagarix, que Colomb avait rencontré l'avant-veille
Port-au-Prince vient d’un mot créole préons, du latin praedo, predonis, pillard, flibustier :  au XVIIè siècle, les îlots voisins de ce qu’on nommait alors l’Hôpital , aujourd’hui Port-au-Prince, s’appelaient les îles  aux Princes, entendons « aux préons », aux flibustiers ; le nom se prononce, en créole, prenz,De même, près d ‘un repaire de flibustiers, l’île de la Tortue et son port interlope, on a le Port- de- Paix, vraisemblablement pour port des « préds », des flibustiers.
Léogane vient du nom du royaume de Yaguana, parce que la capitale européenne s’y trouvait un moment.
Mirebalais , prononcé en créole mibalè,  et dont il faut rapprocher Miragonave, devrait son nom  à l’influence de Mirebeau près de Poitiers  (selon Moreau de Saint- Méry, p. 904) mais en réalité il s’agit , selon moi, d’un nom indigène déformé à partir   du nom d’un cacique ,Guacanagarix, donnant par métathèse nariguana, mirabala.  .
Quant à Petit Goave et Grand Goave , les toponymes guava et aguava  n’ont rien à voir avec le nom du fruit exotique, la goyave, mais viennent aussi  du nom du royaume (y)aguava.  Grandgoave vient de la version complète du nom du royaume où se trouvait le lieu-dit, savoir  Xaraguava, prononcé granguava.
 Gonaïve vient du nom du royaume de  Yaguana, par métathèse, de  vaguana, guanava. Dans Miragonave , on reconnaît gonaïve et mira issu par métathèse de mari qu’on retrouve dans le nom du royaume Marien.
Le nom des Cayes vient d’un mot espagnol désignant les récifs, les bancs de corail.
Samba est le nom d’un village haïtien,  et signifie le village de  la prophétesse (samba) Anacoana, celle qui inspire le nom des élus Coën.. Le mot est lointainement  apparenté au brésilien samba, désignant une danse, et qui veut dire s’agiter, être pris de convulsions prophétiques.
D’autre part, le mot Trou qui revient souvent , signifie pressoir à cannes  sucre et il est issu de l’ancien français troil, prononcé trol,avec un l mouilé , signifiant pressoir et donnant le mot treuil en français moderne (du latin torculum, pressoir à vis ou à corde qui s’enroule), de torquere, tordre .Le Trou Jérémie signifie le pressoir à cannes à sucre du lieu appelé Jaraguamira, d’une métathèse du nom du royaume Jaragua,   qui a donné aussi Jaquemel, de jaguamera,. De même Marmelade vient du nom  indigène de marimera, marimela .Le Trou -Bonbon vient peut-être du nom du bambou, comme Dondon. 
Le mot Limonade vient peut-être de limonage , qui désigne une plaine alluviale, limoneuse, mais le toponyme, incompris,   a été altéré en subissant l’attraction du nom des limoniers .
Les nombreux toponymes Boucans font allusion à des  lieux qui sentaient mauvais, qui « emboucanaient » à cause de l’odeur dégagée par les  viandes fumées  par les indigènes d’abord (le mot français est apparenté à un mot tupi-guarani muken qui existait aussi en langage haîtien), puis par les  boucaniers européens .
Pour Monte Cristo , à la frontière de la partie espagnole, où naquit en réalité  Alcidamas,fils naturel de T. de La Pailletterie et d’une métisse amérindienne, le futur général Alexandre Dumas, voir mon blog  : D’Alcidamas à Alexandre Dumas.

Le seul toponyme d’origine africaine que j’aie trouvé est Nimbé, qui désigne un lieu occupé par les Espagnols (voir mes blogs sur Lapérouse pour plus de détails). 

vendredi 28 avril 2017

LES RUINES DU PALAIS DE CIRCÉ RETROUVÉES AUX ORCADES

LES RUINES DU PALAIS DE CIRCE RETROUVEES AUX ORCADES PAR DES FOUILLES ARCHEOLOGIQUES TOUTES RECENTES,  A LA LUMIERE DES THEORIES DE F. VINCI SUR L’ODYSSEE.
Voir mon blog corrigé en 2007, Une tentative dactualisation des identifications de Victor Bérard et des ses épigones (Gilles Le Nouan, Jean Cuisenier) quant aux   escales dUlysse dans son périple de Troie  à Ithaque avec la prise en compte des théories de Felice Vinci.

Le Grand Nord préhistorique, région occupée par  des Ibères , Lestrygons ou Ligures. 
Toute l’Europe , jusqu’ à la Finlande actuelle, fut peuplée par des Ligures –Ibères :  l’Angleterre ou Britania, l’Ibéri-tania, le pays (tania) des Ibères, l’Irlande , en latin Ibernia , de ibertania, le pays des Ibères,  les Hébrides, Ibérides, l’Ecosse,Scottia,  de (ba)scot, la Calédonie, de gor(g)oduinasa, avec métathèse karasa(g)oduina , avec prolepse du o et du i   kalaadonia, son chef Galgacus, de gal(go)dui-os, galgawos  et tous les noms terminés en –donia, comme Makèdonia, Chalkèdonia , et la Scandinavie, de euskaldun,basque ,de  (e)uscandinav-(tan)i comme en Norvège la ville de Skaalund de
euskal°dun(a),   L’Islande , dont le nom passe pour signifier la terre de glace (ice land) ,mais se prononce avec un i et non une diphtongue ai comme dans ice,  est en réalité la (terre) ligure,de ligura, (l)igura(n)a  au IVe siècle av. J . –C.,  idhula, idhsula,  puis,  avec prolepse du s et métathèse du dh, isdhula, isladhu(n)a,  isladha, altéré en island  par analogie avec Groënland, etc.  On retrouve au V e siècle av. J. -C.  chez le navigateur marseillais Pythéas ces syllabes dhulè, avec le nom de  l’île Thulè , située au bout du monde connu, ultima Thulè , qu’on doit identifier avec l’Islande.  Thulè vient en tout cas de (li) gur (na).
L’interprétation populaire du  nom actuel du Groenland, comme   pays (land) vert (green),   ne vaut pas non plus,  même si la température y  était bien plus chaude grâce au Gulf Stream età sa dérive nord- atlantique . En réalité, Groënland signifie pareillement  la terre ligure et vient de lig(u)rna, avec prolepse de la syllabe ma , g(u)rnala, grunala, altéré en groën où le graphème [en ] note un n voyelle .
Le nom du Vinland, pour désigner le nord de l’Amérique, ne signifie peut-être pas non plus  terre (land) des vignes (de wein ? ),  mais de li(gu)rna, virna, vilna,vilan  où la syllabe  finale a été réinterprétée en –land, terre, tandis que vi- était réinterprété en vin- .


Etymologie des  toponymes Orcades,  Circé et Kalypsô.
Le Net nous  apprend que « Pythéas a visité l'île de Bretane certainement entre 322 et 285 av. J.-C., il y décrit notamment une région appelée Orcas, à l'extrême nord de l'île. Au Ier siècle apr. J.-C., Pomponius Mela recense plus de 30 îles dans un archipel qu'il appelle Orcades. De même, Tacite , en l'an 98, affirme que son père Agricola, avait découvert les Orcades que Pline l'Ancien avait également mentionnées  dans son Histoire naturelle, livre IV, § XXX. »
Le nom des Orcades , Orcadai, de gorgadu(in)ai , est lié à Gorgobina ou Gorgoduina, l a déesse  des Ibères ou Ligures, et en particulier  d’une tribu qui s’appelle les Boïens.Son nom est à  rapprocher de celui de la grande déesse phrygienne  Cybèle, dorien Kubéla, de (ger)gobina, kobèna, kubèna. On retrouve Gorgobina  dans le nom de l’Arcadie, de gargadui(n)a, dans celui des régions Arctiques qui ne vient pas non plus du nom de l’ours, grec arktos, irlandais art, sanskrit rksa, avestique aresa, arménien arj, latin ursus (de rkso- , avec r voyelle). Arctique, arctica, vient de (g)orgadui(na),ark(a)dui(na), puis avec suffixe - ika arkd-ika,
arktica Il est possible que le mot basque artica pour désigner une région sans arbre, qu’on retrouve en Corse  pour désigner un maquis (de ma artica, grand désert, donnant en corse macchia) vienne de artica,qui, primitivement,  signifiait la région polaire .
Ni la source de lOurs (Arkton chez Homère ) en Sardaigne en face de Bonifacio, ni le cap de lOurs (Orso, de (g)orgso(bina) , chers à Victor Bérard qui voyait une ressemblance criante entre tel rocher d’un  cap sarde vu sous un certain angle et un ours,  nont  à voir en réalité avec lours. Leur nom est lié  à Gorgobina ou Gorgoduina, la déesse  des Ibères ou Ligures, et plus précisément  d’une tribu qui s’appelle les Boïens. La confusion est fréquente.   Gorgoduina donne (g)ark(a)d, arkton, nom de la source.La source de l’Ours nous rappelle que Borbo , prolepse de Gorgobina, borbo(bina) , était une déesse des eaux. 
De même, les comparatifs Majorca, la plus grande,  et Minorque , la plus petite de deux îles, ont une finale orca(da) qui s’analyse comme venant de gorgoduina .
Kirkè (  cf . le nom de la Circassie,peuplée de  Circassiens,ou Tcherkesses aujourd’hui, vivants en  Kabardino-Balkarie ,  pareillement issu de gr voyelle noté ir +k, donc de Gorg(obin)a .  Le nom de son île Aiaia nèsos, le ness ou presqu’île d’Aia, aujourd’hui le ness de Brodgar,  vient de Boia, boïenne.
Quant à Kalupsô, son nom vient de gargsoduina , carcsopina, puis,  avec prolepse du s et  du o , cal(g)upso(na).
Etymologies populaires d’Orcades.
Le mot ork en langue picte (une langue celtique) signifie cochon, sanglier sauvage, cf. latin porcus, L’archipel était appelé en picte Insi Orc, interprété comme l’île aux sangliers. De même, en gaëlique écossais, une autre langue celtique, l’archipel se nomme Arcaibh, de (g)argabi(na) ,(g)arkaibh, interprété à tort comme l’archipel aux cochons. On voit comment les transformations par  Circé des hommes d’Ulysse en cochons procèdent d’une étymologie populaire fondée sur des langues picte  ou gaëlique.
Le nom anglais de l’archipel,  Orkney, et le nom  norvégien  Orkn, viennent tous les deux de Gorg(ob)in(a), puis , avec projection  du i, (g)org(ob)nia, qui donne orkney par diphtongaison du i. Mais le toponyme a subi l’attraction de deux autres mots, l’un  désignant  le phoque, l’autre l’île. Les Orcades  deviennent, dans l’esprit des populations,  les îles (ey) aux phoques (orkn). Ceux-ci, de tout temps, étaient  nombreux à fréquenter leurs côtes et ont pu être pris pour des êtres humains ensorcelés. 
On a voulu rapprocher les sortilèges de Circé d’un rituel d’affranchissement d’esclaves sous le patronage de la Dame aux Fauves, Feronia. C’est possible
 En ce qui concerne l’île de Circé et  l’île de Calypso, le Grec Strabon (avant 19 après  J. -C.)  avait remarqué que ces îles devaient se placer dans l’Océan Atlantique et non en mer Méditerranée puisque Homère , vers -2000,  précise  que leurs fleuves  se jettent dans l’Océan Atlantique ,  qualifiant  d’île océane Ogygie , l’île de Calypsö (Odyssée, chant I, vers 85). Pour l’île de Circé, chant X, vers 351,  Bérard a considéré le vers comme interpolé parce qu’il démentait sa théorie de la localisation méditerranéenne, traduisant même océan [atlantique] par mer (Méditerranée). Plutarque (46-120 après J. C.) confirme, dans De facie quae in orbe lunae apparet, « du visage qui se montre sur le disque lunaire »cette opinion : selon lui, l’île de Calypso serait à 5 journées de voile de l’Angleterre. En grec, ôgygia ,avec oméga initial,  le nom de l’île de Calypsö,  vient de (g)sorgodui(n)a, d’où le o long (g)osorgodui(n)a,  gôrguduia et désigne en grec l’île de Cos comme l’île de Calypsö ;  en grec,on aussi Ortugia, ancien nom de l’île de Délos et d’Artémis, ainsi que celui d’une presqu’île de Syracuse. C’est un paronyme de ortux, caille, ortolan, gortux attesté par Hésychius, de vartugia,sanskrit vartakah.Le pictogramme représentant une caille sur les monuments préhistoriques fait allusion à cette déesse. En latin, ortyga désigne la caille, tandis que Ortygia désigne aussi l’île de Délos, l’île en face de Syracuse, ainsi qu’Ephèse et sa forêt.
Tacite, dans sa Germanie (3, 2), parle aussi des traversées nordiques d’Ulysse. F. Vinci, dans The Baltic origins of Homer’s tales, The Iliad , the Odyssey and the migations of myth, identifie Ogygie, l’île de Calypso, à Mont Hagoyggi , de (g)a(r)godui(na)  dans l’île de Spora Dimum (de gsor[g]adin-,  puis , par métathèse,  sporadimoum ) aux Feroé , cf . le nom de l’île Hoy, de Holm et de ey , île,Stockholm venant pareillement de  gso(r)god(vi)n , stokodm , stockolm ), ;et, p . 67,  l’île de Circé, Aiaiè  (aia venant de boia, boienne) à  Haja, au nord-est de Lofoten,aux Orcades. Haja est un îlot large d’un mille, sur lequel se dresse un pic d’environ1600 pieds. Or, Homère parle d’un pic rocheux (Odyssée, chant X, vers 148) au sommet duquel Ulysse monte afin de déterminer s’il s’agit bien d’une île. Mais, malgré la similitude ses noms,  l’île est trop petite pour correspondre à la description homérique et , grâce aux fouilles,nous savons sans doute possible qu’il s’agit de Mainland mais à une époque antérieure aux fouilles il était génial de situer l’île de Circé si près de son emplacement véritable., comme Vinci l’a fait. Nous savons aujourd’hui que l’île en cause est celle qu’on appelle Mainland, l’île principale précisément. Quel était son nom à l’époque de Circé ? En tout cas, Homère l’appelle Aia, la boïenne, et Aiaiè nèssos,  le ness (presqu’île) de  l’île (ey veut aussi dire île ) boïenne. 
  D’autre part,  les vers homériques,  X, 86,  placés à la fin de l’épisode d’Eole et avant celui des Lestrygons où ils n’ont que faire, sont intrigants. Les voici : 
« On y voit le berger appeler le berger ; quand l’un rentre, il en sort un autre qui répond ; un homme entreprenant gagnerait deux salaires, l’un à paître les boeufs, l’autre à paître les blancs moutons, car les routes du jour et celles de la nuit sont voisines ».  Ceci signifie que le temps d’éclairement dure si longtemps qu’on pourrait travailler presque 24 heures par jour.  Fin juin, dans le sud de la zone subarctique, mais non en Sardaigne chez les Laistrygons, le  soleil ne descend pas au-dessous de l’horizon pendant 73 jours, la durée du jour dépasse 19 heures. On est donc tenté d’accorder créance à Plutarque et de placer cette île de Calypso dans l’Atlantique nord (il doit falloir replacer ces vers dans l’épisode de Calypso).
L’envoûtement.
Vers 210 et suiv. (trad .  Leconte de Lisle): tout autour de la maison de Circé, « erraient des loups  de montagne et des lions. Et Kirkè les avait domptés avec des breuvages perfides ; et ils ne se jetaient point sur les hommes, mais ils approchaient en remuant leurs longues queues, comme des chiens caressant leur maître qui se lève du repas, car il leur donne toujours quelques bons morceaux ; ainsi les loups aux ongles robustes et les lions entouraient, caressants, mes compagnons ; et ceux-ci furent effrayés de voir ces  bêtes féroces. »
 Lucien, dans La déesse syrienne, décrit le temple de Hiérapolis en se souvenant du passage homérique : 41. « Dans la cour paissent en liberté de grands bœufs, des chevaux, des aigles, des ours et des lions. Ils ne font de mal à personne; ils sont tous consacrés et privés. »
On a trouvé en Angleterre des ossements fossiles des lions des cavernes préhistoriques ici évoqués; quant au loup  de montagne, ce peut être un cousin européen du loup de montagne américain, éteint depuis seulement 1920, le Canis lupus Mongollonensis qui, existant au nord de l’Amérique, a pu migrer au nord de l’Europe. La couleur de son pelage était un mélange de noir et de  fauve avec une bande de couleur cannelle le long du dos.

Le môlu.
 Il s’agit d’un procédé de désenvoûtement  utilisant des racines d’Artemisium absinthium, d’absinthe. Le mot môlu , nous dit Homère, X, 195, appartient à la langue des dieux, la langue ibère . Or, le sanskrit, mot qui signifie parfait, est aussi pour les Indiens la langue des dieux et mûla karman en sanskrit désigne l’emploi d’une racine à des fins magiques pour prévenir ou défaire un envoûtement.
  Des branches exotiques des Ibères du nord, les Guanches, ces  blonds aux yeux bleus disparus des Canaries, appartenant à ces blonds libyques (ligures) dont parle Hérodote, désignaient sous le nom de mol l’artemisium absinthium et s’en servaient à des fins de contre -sortilège. De même, les  Aïnous, cette « race blanche de belle allure » comme les qualifiait Marco Polo, cités par Frazer dans Balder le magnifique, tome IV du Rameau d’or, collection Bouquins, p.233, « se servent  de bouquets d’armoise dans les exorcismes, parce qu’ils croient que les démons de la maladie détestent l’odeur et le goût de cette plante. » Et Frazer d’ajouter : « dans le Mecklembourg, on dit que si on arrache une plante d’armoise à midi, le jour de la Saint- Jean, on trouve sous la racine un charbon ardent qui disparaît dès que les cloches de l’église cessent de sonner. Si on le trouve, et si on l’emporte sans mot dire, ce charbon servira de remède à toutes sortes de maladies ».
Selon Vinci citant Frazer, en Bohême, pays des Boïens qui lui ont donné son nom et qui sont les auteurs de ce complexe mégalithique orcadien de l’âge de la pierre polie, le plus grand
d’Europe,  le molu  ou artemisium absinthium protège les humains contre les sorcelleries.
Dans le domaine celtique, dans l’île de Man, on cueillait le barran fealoin  pour se préserver de l’action des sortilèges ; dans le Livre de Taliesin ,  le sorcier distille une bière magique et combat quelqu’un qui , comme Circé, transforme des êtres humains en animaux. De même, dans un conte chinois,  le dieu Hiung donne de l’armoise à deux animaux afin de les aider à retrouver leur forme humaine.  
Les fouilles archéologiques récentes et la découverte du palais de Circé sur Mainland aux Orcades.
Le ness (promontoire ou presqu’île, comme néssos dans Péloponnéssos, du génitif  Pelopos et de néssos, de péloposnessos,  presqu’île de Pélops) de Brogar (cf.,  pour l’évolution phonétique, le nom des Allobrogi), métathèse de brogalo),  ou Brodgar, métathèse  de gar(g)odui(na) ,
garoduina, dui donnant brod, duigaro, brodgaro),  est un rectangle de 3 hectares environ qui a été en fonction de -3000 à  -2400, jusqu’au changement de climat, le refroidissement  contemporain du début de l’âge de bronze. 
Le Ness de Brodgar est situé entre le Cercle de Brodgar  et les Pierres levées de Stenness (toponyme qui signifie le promontoire des Pierres) dans ce qui est le cœur néolithique des Orcades, zone inscrite au Patrimoine mondial, près du loch d'Harray. Les fouilles ont commencé en 2003. Le site a fourni des traces de constructions, des plaques de pierre décorées, un mur de pierre massif avec des fondations, et un grand bâtiment décrit comme un[ "palais"[,]du néolithique. [lesplaques de pierre décorées s’accompagnent despoteries
 Les plaques de pierre décorées s’accompagnent de poteries finement ornées qui évoquent les poteries mycéniennes (de Mukènai, de ligurasanai , ligu(r)aanai , lukaanai,cf . Mukonos, de ligurasanai, ligu(r)aanai , lugavanai , ou lapitha du Pacifique, dont l’origine immédiate est à chercher en Papouasie  chez les Ouatom (de ouagoum, à rapprocher du nom des Ouigours).  A propos de Mycènes, je signale qu’aux îles Féroé où se trouve l’île de Calypsô , l’homérique  Ogygie , sous le nom du mont Hagoyggi , il existe (carte, p .4, Vinci, op  cit ,) une île appelée Mykines ,de ligurasanai, lugu(rasa) nai, avec nominatif collectif pris pour un pluriel. La civilisation mycénienne vient-elle de  ces îles nordiques, les îles Féroé et Mycinès en particulier? On sait qu’elle a été importée brutalement et qu’elle n’est pas précédée de tâtonnements, qu’elle n’est donc pas indigène.
Vers 210 et suiv. (trad .  Leconte de Lisle): tout autour de la maison de Circé, « erraient des loups  montagnards et des lions. Et Kirkè les avait domptés avec des breuvages perfides ; et ils ne se jetaient point sur les hommes, mais ils approchaient en remuant leurs longues queues, comme des chiens caressant leur maître qui se lève du repas, car il leur donne toujours quelques bons morceaux ; ainsi les loups aux ongles robustes et les lions entouraient, caressants, mes compagnons ; et ceux-ci furent effrayés de voir ces  bêtes féroces. »
 Lucien, dans La déesse syrienne, décrit le temple de Hiérapolis en se souvenant du passage homérique : 41. « Dans la cour paissent en liberté de grands bœufs, des chevaux, des aigles, des ours et des lions. Ils ne font de mal à personne; ils sont tous consacrés et privés. »
Le tombeau du frère de Circé sur une autre île, South Ronadsay . ][]
 Le nom de Circé, la sœur d’Aiètès, est aussi  lié au réseau sémantique de l’aigle, aietos en grec, aibetos chez Hésiode. Son nom signifie celle qui tournoie autour de sa proie. Or, la ville la plus importante des Orcades, sur l’île principale appelée Mainland,  se nomme  Kirkwall , de Gorg(od)u(in)a –ra, kirkwala . On a aussi Kili Holm, holm venant de [(gs)or(g)d(ivi)n(a),ordm cf. Stockholm, de  gso(r)god(vi)n , stokodm , stokolm , et kili signifiant des aigles , la déesse Gorgobina des aigles, et venant de kwili,  cf. latin aquila, grec avietos, de a , un article  ibère, et de kswi-nos,cf.  grec iktinos, de aksinos, épervier).  ) et une autre île, South Ronadsay ,de (go)r(g)onad(uinara) + suffixe -ey signifiant île,qui est célèbre également pour son  tombeau des aigles. On y a trouvé 16000 ossements humains et 725 ossements d’oiseaux ; les 1600 ossements humains nous suggèrent que l’inhumation des cadavres consista d’abord à les livrer aux oiseaux de proie.  Neptune était la grande divinité et il était conçu comme le dieu du fleuve chaud et vivant (ptun rappelle potamos , fleuve) dans l’océan, du Gulf Stream et à la navigation symbolisée par les avirons.   Le site de Dwarfie Stane  sur l’île  Hoy,  comprend un autre tombeau  daté d’environ -2500, constitué d’un énorme bloc de grès rouge, et il est très différent des autres sites des Orcades.
Le tombeau d’Elpénor.
Le nom d’Elpénor (cf . le nom d’Eléphénor en Eubée, terre des Boïens) a inspiré, malgré son rôle en apparence insignifiant, des auteurs comme Virgile avec son récit concernant Palinurus,  elpanor-us, pal°nor-us , ainsi que Goethe ou Giraudoux. Palinure, latin Palinurus avec u long, grec Palinouros,  est une forme étrusque d’Elpénor, elpanor-us, pal°nor-us , dont ce sont des  métathèses,à partir de ligu(r)ina, paaligurna, palinura . Son histoire semble être in décalque de celle d’Elpénor: le sommeil, comme le vin pour Elpénor, amène ce compagnon d’Enée à tomber à la mer devant la côte italienne, en Lucanie (métathèse de kalunia, de (gor)gaduinia). Il est enterré au cap qui porte son nom, Palinurus. Gageons qu’un tombeau du type de celui d’Elpénor devait y avoir été édifié.
Homère nous a décrit le tombeau d’Elpénor,X, 556 et suiv., XI, 57 et suiv., XII, , 10 et suiv.), dont le nom dénonce l’origine ligure,venant de ligura , ligva, puis,  par prolepse du l, ilva, ilpa , elepha, donnant elva, puis elpa . ce qui a été compris comme un suffixe patronymique -ènor , de l’ibère néro, homme ou plutôt guerrier, cf .  génitif grec andros, homme. On doit en rapprocher  le nom de  l’île d’Elbe [Ilva en latin, de ligva, -ligure,, et le nomde   Ilpa en Bétique, citée par Pline l’Ancien, 3, 11, de ligva,  puis par prolepse du l, ilva, ilpa . Le final  a été compris comme un suffixe patronymique -ènor , de l’ibère néro, homme ou plutôt guerrier, cf .  génitif grec andros, homme Mais en réalité, dans Elpènor comme dans Palinouros,  le –énor, --anor,  ou -inourus final  rencontrant le a de elpa , d’où le a long de Elpanor et de Palinouros, vient de la métathèse d’un mot comme (li)gurnasia, de ligva +ustania, la patrie ibère, ligurtsania, ligurnatsia,
 donnant (li) gurna (ligva )anuria .Le tombeau d’Elpènor où reposent ses cendres n’est pas vraiment celui d’un individu, même guerrier, dont Elpénor serait le patronyme, mais le nom d’un tombeau de  la patrie ibère , enrichie des cendres de ses enfants.
Odyssée, XI 57 : « Il faudra me brûler avec toutes mes armes et dresser mon tombeau sur la grève écumante, pour dire mon malheur jusque dans l’avenir. » et XII, 10 : « et quand la flamme a détruit son cadavre et ses armes, nous lui dressons un tertre, y plantons une stèle et nous plantons en haut sa rame bien polie. »
Or, les stèles de pierre ressemblant à des menhirs qu’on aperçoit dans le champ de fouille correspondent en réalité à des  stèles triangulaires ornées à leur sommet d’une rame ou godille dont on discerne la pale (c’est-à-dire le plat ressemblant à une pelle).
 Il y a trois stades de l’inhumation en ces lieux : d’une part, on laisse aux  oiseaux de proie comme les éperviers ou les aigles les cadavres à déchirer à l’air libre  sur un terrain consacré (tombeau des aigles sur South Ronadsay), puis les logements à toit conique correspondant à une double inhumation, la première, au premier étage de l’abri conique,où les chairs  se dessèchent  avant qu’on ne recueille les ossements pour les remiser au second étage ; enfin le stade que signalent  les stèles avec leur pale, qui correspondent à une époque  de crémation.
La rame plantée au sommet du tertre est typiquement ibère ou ligure, comme on voudra, ainsi que le montreront des exemples pris dans la vaste diaspora ligure de par le monde. Selon les civilisations, la rame a été remplacée dans les rites funéraires par les voiles et le mât qui les supporte, celui-ci symbolisant,  comme la rame, la navigation.
En Océanie,  au sommet des tumuli de l’île des Pins, au demeurant très peu élevés, était plantée une perche,  aujourd’hui disparue,  dont le bout variait selon le sexe de l’individu, phallique pour les femmes,  en forme de vulve pour les hommes : c’est ce qu’on retrouverait  dans les cimetières  ainous actuels et  dans les cimetières ouigours (ligures) fouillés par les archéologues chinois dans le bassin du Tarim. 
  En effet, le fondateur de l’hématologie, Jacques Ruffié,  alla observer, en 1978, les derniers Ainous d’Hokkaido, ces parents des (li)Gorounas  créateurs de tumuli de l’île des Pins.  Il  note qu’à Nibutani (de ligu +tania) les tombes sont surmontées « d’un curieux poteau de bois [une rame ? un mât ? ] dont la partie supérieure sculptée varie avec le sexe du mort ».
   Le  nom du désert de Gobi atteste du passage des Ibères adorateurs de (Gor)gobi(na) . D’autre part , au nord du Tibet, dans l’immense désert de Taklamakan , des archéologues chinois ont eu l’étonnement de découvrir une nécropole, avec des momies ouigoures (ibères) aux traits européens, aux cheveux châtains et au nez long, datant d’il y a 4 000 ans et enterrés dans des bateaux retournés recouverts de peaux de vache , avec un mât de bois ou une rame située à la proue (ce n’est donc pas une godille qui serait à l’arrière) , de 4 mètres de haut et dont la sculpture varie selon le sexe : pour les hommes , le sommet est effilé,triangulaire,  symbolisant,selon les archéologues chinois, des phallus,  tandis que , pour les femmes, le sommet serait plat et  peint en noir et rouge, évoquant des vulves.
On peut toutefois se demander si ce n’était pas une rame qui était mise sur le tombeau à l’origine, comme pour Elpénor, cette rame ayant aujourd’hui disparu, remplacée parfois par un  mât renversé comme  chez les Ouigours,  rame qui permettait de se diriger  dans les eaux de l’au-delà  et de faire mouvoir la barque comme avec des ailes, dit le poète;  pour les femmes, la rame était remplacée par la navette ou la quenouille, attributs de leur sexe que les Chinois n’ont pas compris. O’Connell,  en Micronésie, décrit ce même rite funéraire en précisant qu’il s’agit pour les femmes qu’on enterre de fuseau (spindle) ou de quenouille (distaff). Les couleurs noire et rouge  rappelleraient les maternels et les couleurs blanche et rouge  les paternels.
Giraudoux dans son Elpénor livre  ironiquement cette citation approximative de l’Odyssée : « C’est alors que mourut le matelot Elpénor. Seule occasion que j’aurai de prononcer son nom, car il ne se distingua,  ni par sa valeur, ni par sa  prudence. » Mais pourquoi l’aède  fait-il un tel cas du tombeau d’Elpénor, comme d’autres du tombeau de Palinure ? Parce qu’il correspondait  à un type d’inhumation par crémation qui fut nouveau lorsqu’il succéda au type d’inhumation secondaire dans les édifices coniques, mais qui disparut lui aussi : la rame de pierre a surpris, mais elle n’a eu qu’un temps. On peut supposer que dans cette enceinte sacrée de Mainland il y avait une douzaine de tels tombeaux ligures, et je pense que le tombeau dit d’Elpénor par Homère est un nom que le  poète a voulu individualiser  dans la douzaine de tombeaux de guerriers  ligures révélés parles fouilles,  comme a dû être donné à ce type de tombeau en Italie le nom de « tombeau de Palinure ».  
La rame sur le monument d’Elpénor.
Odyssée, Xi, vers 120,  Le devin Tirésias , grec Teiresias, de li(gu)rasania , tiras(an)ias, consulté chez Hadès par Ulysse lui ordonne d’expier le courroux de Neptune : « Et, après que tu auras tué les Prétendants dans ta demeure, tu partiras de nouveau, et tu iras , portant ta bonne rame  sur l’épaule, jusqu’à ce que tu rencontres  des hommes qui ne connaissent point la mer et qui ne salent point ce qu’ils mangent, et qui ignorent les nefs aux proues rouges et les avirons qui sont les ailes des nefs . Et je te dirai un signe manifeste qui ne t’échappera pas. Quand tu rencontreras un autre voyageur qui te demandera à quoi te sert, sur ta brillante épaule, cette   pelle à grain que  tu portes, alors, plante l’aviron en terre et fais de saintes offrandes au roi Poseidaôn, un bélier, un taureau et un verrat .Et tu retourneras dans ta demeure, et tu feras, selon leur rang, de saintes hécatombes à tous les dieux immortels qui habitent le large Ouranos. Et la douce mort te viendra de la mer, tandis qu’autour de toi les peuples seront heureux. Et je t’ai dit, certes, des choses vraies.»
Ceci est mystérieux ; l’ignorance du sel nous suggère des eaux qui, à la différence de celle de la Méditerranée, sont très peu salés comme les eaux du golfe d’Estonie ; faut-(il rappeler que l’Estonie, de (l)est(ryg)onie , le pays des  Lestrygons, est encore aujourd’hui un pays où la langue est une langue non indo- européenne, ibère, apparentée au finnois, au hongrois, au basque , au sami ;le nom d’Ulysse, en grec Osluseus, Olutteus, Odusseus secondairement, latin Ulixes ou Ulysses est apparenté au nom de la Lituanie, de la Lettonie, de la Livonie,, de litv-onie.–onie signifie la patrie. Pour expliquer le nom d’Ulysse, qui signifie le litvonien, on pourrait partir de littsu-s, avec un l qui se vocaliserait en ul (ulikses) ou bien olv (oluseus, devenu odusseus plus tard). Vinci identifie Ithaca , de l’article i et de likta,  à une île appelée Lya , de likta , devant la Zélande, peut-être fondée par un litvonien.. On entrevoit que c’est une religion de la mer. La rame n’est pas l’instrument profane qui bat la mer, mais l’attribut religieux de Poseidon. Comme Arthur,  le roi Pêcheur, Arcturus,nom également d’une constellation et d’une rivière en Normandie,  de (g)argsoduina, args°du(i)ra, arktura , la canne à pêche sur l’épaule, solitaire dans sa barque, attend le bon questionneur qui rompra l’enchantement en posant la question : à quoi sert le graal ?(le nom de l’épée d’Arthur, Escalibur , de e(u)skal°dun, basque, montre combien le cycle du graal doit beaucoup è la mythogie des  Ibères) de même Ulysse devra attendre le bon questionneur .
Des monuments  funéraires non loin de la grève.
Les soues à cochons où Homère a imaginé que les compagnons d’Ulysse métamorphosés en cochons étaient parqués (ce sont ces monuments funèbres de jadis) , Les mystérieux nuraghe sardes (de ligura, de ligura, lyurag ) , les turghii corses , ainsi que les talayots des Baléares,  ne sont-ils pas tous  des bâtiments en forme de barques (aux Baléares , on les appelle naveta, petit navire) renversées en signe de mort comme au nord du Tibet et   aux Orcades , il  y a 5000 ans ?
L'appellation de naveta (« navette ») procède de la ressemblance de ces édifices avec un navire la quille en l'air. Cette forme était celle des maisons de l'époque de ces monuments. À Majorque et à Minorque, il y a plusieurs dizaines de navettes (petits barques), dont certaines à deux niveaux, le premier pour le pourrissement des chairs des cadavres entreposés, le second pour la conservation des ossements   La datation par le radiocarbone des ossements trouvés dans celles de Minorque donne une période d'utilisation allant de 1130 à 820 avant J.-C. Pour la naveta de EsTudons (de  (l)estrugons ) cette période est 1000-800 avant J.-C.
   Il faut voir dans ces navetas baléares  la barque renversée en signe de mort de son propriétaire, avec l’écope, le plat , l’écuelle, l’huile pour affronter le soleil de l’au-delà, le tout étant caractéristique des Ibères ou Ouigours.
Le mot  « taula » qui désigne à Minorque les mégalithes en forme de marteau, comme en Asie mineure où ils datent de
-10000 (voir mon blog Les colonnes d’Hercule véritables sont à Minorque) est apparenté au grec steleva qui désigne le manche d’un marteaustèlè, dorien stala, éolien stavla,stalla avec deux a longs  correspondant au  latin stela, de staala une colonne, une stèle.  Il faut le rapprocher du latin stolo, de stavlo,  stolonis, rejet, drageon, comme stipula,  chaume, éteule, c’est-à-dire « chaume qui reste après la moisson faite » (Littré), de stivulus.  Taula vient de (s)tavla ,taula, ,désigne le manche d’un marteau et, par  une métonymie doublée d’une métaphore, un marteau, un menhir en forme de marteau.
On a retrouvé à Minorca près d’une trentaine de  taulas qui ont survécu et  274 « talayots », bâtiments coniques à  usage funéraire. Talayot est une métathèse de  (lais )trygonès aboutissant à  tru(gonès)laïs, tr avec  r voyelle donnant ala , tala et avec prolepse du u de tru  +lyiavs, talalyias, talayaus , talayot,  ethnonyme   apparenté à Lestrygones, ainsi qu’ au nom de l’ Espagne Tarraconnaise (de Tarragonès) et au nom d’ Aragon.  Dans le monde égéen, le mot tholos désigne une rotonde où l’on  met quelque chose de précieux et vient peut-être aussi de thalayaus  donnant par assimilation vocalique  thaul(ay)-os, tholos. Malgré tout, à cause de la forme, le mot a pu subir l’attraction sémantique de thulakos, panier en osier tressé en cône pour la farine ou le grain.   
Il ne faut pas confondre ces huttes à toit conique des Orcades destinées à l’entreposage des cadavres (en Sardaigne, les nuraghe, à Minorque les talayots, en Corse les turghii)  comme les Tours du silence en Inde et en Perse,  avec les moulins  en pierre  appelés torre en Corse, en Sardaigne et aux Baléares. Le mot  torre est apparenté au grec  thulakos ou thulak-s, sac à farine, panier rond, boisseau de farine, employé par métaphore à cause de la forme conique de l’édifice. On part de thul(akei)dès,  toldes , torre; avec le suffixe de  ressemblance ibère en -eidès,
On trouve l’ancien nom de cet édifice sous la forme altérée de Torralba , la tour blanche, près d’une des plus fameuses taula  de Minorque, celle d’Alaior (on trouve aussi en Sardaigne  une Torralba  ): ce n’est pas la tour blanche, alba en latin, mais la trace de toralba , de thula(kei)dès,  tolade, que la contagion sémantique du mot signifiant blanche,- la couleur de l’édifice au surplus,a altéré en toralba.
Pareillement, dans la commune d’Antisanti, on trouve un lieu-dit Pietro Biancha, où il n’y aucune pierre blanche, parce que ce nom vient en réalité de Petra Piancata ou Plantada, pierre en forme de bouture, d’’épi. Les Pierres Plantées,  Pantellaria  (de plantellaria) en Sicile ou Pancheraccia en Corse, puis, par incompréhension, les Pierres Blanches, comme  à Pléneuf dans les Côtes-du-Nord, sont nombreuses.


Un complexe d’origine ibère dans le Pacifique en Micronésie.
Jacques de Rosamel  l’observa en 1840  (Pohnpeï Micronésie 1840, p. 102), mais la description la plus éclairante  du site me semble avoir été donnée par James F. O’Connell, dans A residence of eleven years in New Holland and the Caroline Islands, being the adventures of James F. O’Connell, 1836, réédition américaine, p. 210, que je traduis librement : « La muraille extérieure ferme un espace d’environ un mille (I, 5 kilomètre ) de circonférence .Cette aire n’est pas vide, mais,  à environ vingt  pieds (6 mètres) de distance du mur extérieur, il y en a un autre, exactement parallèle au premier ; ensuite,  à la même distance,  un autre, et encore un autre, au nombre de cinq ou six [cinq en réalité]. Le mur de l’enceinte centrale ne renferme qu’un espace d’environ quarante pieds (12 mètres) de côté et il est parfaitement carré … Sur le mur extérieur, quatre piliers carrés, partie autrefois  d’un portique ou d’un élément d’architecture comparable [à comparer avec le portique en pierre de Tonga, d’origine ibère aussi], traversent le fossé plein d’eau [seulement à marée haute]. L’entrée, ou l’ouverture pratiquée dans le mur, était d’environ quatre pieds (1, 2 mètre) de haut. En entrant, aucune ouverture ne se présente dans le mur suivant, mais,  après avoir remué des broussailles, nous avons découvert une entrée au coin du mur, à droite de la première entrée. Après l’avoir empruntée,  nous avons trouvé une ouverture dans le mur suivant, mais à gauche cette fois ; et ainsi de suite : nous avons trouvé les portes alternativement à droite et à gauche avant de pénétrer dans l’enceinte centrale. En marchant à l’intérieur de cette enceinte, nous avons découvert, grâce à la chute accidentelle d’une pièce de bois, une crypte.
 «  Les bras de mer étaient autrefois des passages secs, que l’eau  a envahis, en raison de la proximité de l’île par rapport au récif de terre… Dans l’un des arroyos  sur cette île des Ruines,  se trouve une énorme pierre carrée ». Cette « pierre carrée » est située dans l’arène ou canal  qui se trouve entre les bras, seul endroit où les prêtres peuvent marcher. Elle  était peut-être un autel devant lequel se déroulaient offrandes et cérémonies.  
La crypte est mystérieuse.  J. O’Connell y a trouvé un squelette de chef, mais très récent. Contrairement à son opinion, je pense que, comme aux Orcades,  la crypte avait la destination de conservatoire de  squelettes. Nous devons la comparer avec d’autres cryptes de pierre, plutôt rares dans le  Pacifique. Il en existe à l’île de Pâques  où Thomson,  p. 81, découvrit « un immense dallage en ruines, de type non polynésien, qui comportait des maisons de pierre à double pointe [ en forme de barque renversée  avec pour extrémités la  proue et la poupe) et qui s’étendait sur près de 2 kms,  le long de la haute falaise de la côte nord- ouest. Chaque demeure était pourvue d’une crypte qui,  parfois, était couverte d’une arche soutenue par une belle pierre en clef de voûte et qui était destinée à abriter les statuettes représentant les morts.  Beaucoup de ces maisons ont malheureusement été emportées par l’érosion et les tremblements de terre ». La crypte a une voûte à 3  ogives et 4 voussoirs.
L’ensemble micronésien était l’œuvre des Ibères en l’honneur de leur dieu super- poulpe ou super- calmar géant, Architeuthis dux, Akkoro (de Ligurus) dont c’est la représentation architecturale. Les Ainous au Japon appellent cette divinité Akkoro (de Ligurus) et lui attribuent la couleur rouge du calmar lorsqu’il est mort. Akkoro est devenu akku –akku à l’île de Pâques, où les Polynésiens qui ont pris la suite des premiers occupants lui ont rendu à leur tour un culte (voir mon blog sur le secret des chapeaux des statues de l’île de Pâques). Ce qui est est intéressant pour nous dans ce complexe cultuel est la fonction de ces cryptes à voûte ou arches que nous retrouvons aux Orcades grâce aux fouilles.
La voûte a été inventée par un peuple d’origine ibère,  les Etrusques,  et elle leur a été empruntée par les  Romains .La
voûte est le trait architectural marquant des  tombeaux   orcadiens.  Je pense que le trésor monétaire et sacré de la tribu y était entreposé, à comparer avec le rôle des tholos égéens, comme le trésor de Delphes.
Les figurines en cire  qui représentent les ancêtres défunts ornent  et qui sont placées dans ces cryptes, aux Orcades comme ailleurs. 
Avec les rites autres que la momification, la forme du défunt disparaît et surgit le désir de conserver son image. A Rome , dans l’atrium, sont posées des imagines des ancêtres défunts,    c’est-à-dire des représentations initialement en cire , puis peintes, qu’on portait lors des processions funéraires ;. Le rite était d’origine étrusque, comme le mot imagines lui-même (grec eikôn) , qui vient de imagin-, à rapprocher du sanskrit dhehmi, de dheighwmi , ou du sicilien d’origine ibère daggus, daggudos, qui désigne des poupées en cire utilisées dans les sortilèges amoureux, mot que nous connaissons grâce aux idylles de Théocrite. Imagines ( ghec eikôn, génitif grec eikonos, de (dh)igon-) vient de dhigh°man-, avec prolepse de ma. Le  correspondant latin semble être figurae, de dhigusae , d’une racine dheighwmi , façonnervavec de la terre, qui a donné le latin fingo, le grec teichos, rempart, l’osque feihuss, murs .Le nom grec du fabriquant -marchand de ces poupées de cire était koroplathos , koros ,arcadien korva, ionien kourè poupée , jeune, venant de ligoros.
daggus, daggudos, radical dagud- désigne une poupée de cire représentant l’ancêtre mort, puis une poupée à des fins magique
d’envoûtement (en la piquant avec  des aiguilles) . L’usage du  mot a eu une  grande extension. ce qui nous donne le nom du sorcier masqué  de Nouvelle-Guinée –Papouasie, le  douk-douk, le doghi océanien et amérindien au sens de sorcier en Amérique du sud cf mon article dans le bulletin n°45 de la société d’études historiques de la Nouvelle-Calédonie, 4e trimestre 1980, « le doghi calédonien, la hache –ostensoir [tiki] et leurs parentés australiennes et amérindiennes », la poupée  appelée doghi ou toghi  dans le Pacifique,ou encore, le zombi ou mort-vivant, envoûté  et pouvant transmettre l’envoûtement du Vaudou  (de l’ibère daggoud, douggou, ggoudou par métathèse , voudou ) antillais. On a rapproché l’arabe tbib, sorcier, et l’argot militaire toubib, marabout, rebouteux, ainsi que le terme de respect en Afrique vis- à- vis du maître blanc,  toubab, proche du tahitien toupap- ahou, mort (ahu)-sorcier.  Mais comme zombi peut-être ces mots viennent-ils tous les deux, ainsi que l’arabe tbib , de tobib, de tagid, de daggud.Voici comment Homère évoque le somptueux palais de Circé, avec ses baignoires ,dignes de l’époque mycénienne et d’une haute civilisation matérielle, avec, à l’étage, ses galeries et ses terrasses en pierre d’où tombe Elpénor.

Au  chant X, il y a des vers obscurs, mais importants, les vers  210 et 211, répétés en 253-254. Voici ma traduction : nous avons trouvé  les  belles maisons de Circè bâties en briques de  pierre polie (la douzaine de monuments funéraires à coupole et à voûte et le palais de Circé) en un lieu ceint d’une muraille et abrité. La traduction  est en accord  avec ce que nous révèlent  les fouilles.
Voici la justification de ma traduction :
 Texte classique :
Euromen (ou euron) en bèssèisi tetugména dôma        /
ta kala Xestoisin laessi periskeptôi eni chôrôi.
Il nous faut  d’abord comparer ces vers avec les vers 64 et 79  du chant XII, 79 : pétrè gar esti, perixestéi eikuia , « en effet il y a une pierre polie, semblable à une galerie de pierre très polie (perixustei , je corrige perixestei en perixustei). »
 ll faut  corriger ces vers  ainsi :
 « euromen bèssalèssi (bèssalon désigne une  brique) tetugména dômata  ta kala » , nous avons trouvé les  belles  maisons de Circè bâties en briques de pierre polie (laessi, datif non de laas, mais de lis, pierre polie, lauze , plaque  de couverture ) ;
 teichioentin skepanoi te eni chôrôi.
Teichioentin,  datif masculin singulier de l’homérique  teichioeis,-oessa, -oen,  fortifié de remparts,  peri (tmèse, à relier avec  péri-teichioenti,cf.  périteichidzô)  ,  skepanoi te eni chôrôi, en un lieu ceint d’une muraille (périeichioenti) et (te) abrité.
Le mot bèssalon est un hapax légoménon, employé par Alexandre de Trailles, médecin en Lydie au VI è siècle et , sous la forme bèssalalôtos, -è, -on , par  Porphyrios de Tyr, philosophe néo-platonicien (224-305) .
Les vers qui précèdent ont été traduits de façon fort désinvolte par V. Bérard : « en un val, nous trouvons une belle bâtisse aux   murs de pierres polies, en un lieu découvert ».
Les fouilles montrent que le palais de Circé était un  bâtiment avec  un toit fait de tuiles de pierre polie blanche (comme en Belgique aujourd’hui) soutenues par des poutres,  Cela  est singulier à l’époque, si bien que ni Victor  Bérard, ni les scoliastes, ni la plupart des archéologues n’ont reconnu le mot grec bèssalon  qui désigne une lauze. .A l’époque, le toit était fait de chaume. 
 Ce  mur si épais (10 mètres d’épaisseur) que la fouille nous a révélé et qu’on a appelé la Longue Muraille des Orcades nous amène à nous interroger sur sa fonction : a-t-il été conçu comme un brise-vent ? A-t-il, vu son épaisseur insolite, été bâti pour résister à une nouvelle inondation, au retour de quelque déluge ou tsunami ?
Le vin pramnios, Odyssée, 10, 235 et Iliade 11, 639.
On n’a jamais jusqu’ici trouvé l’origine géographique de cette mystérieuse boisson enivrante chère à Circé. En effet, il s’agit peut-être d’hydromel, et (to) pramnios vient d’un radical kwsr voyelle (à rapprocher u grec to krama, boisson à base d’alcool) + un suffixe en –mn indiquant pour origine la ruche, les abeilles et le miel et à rapprocher du grec to smènos, dorien  smaanos, latin examen, de saamen avec e prothétique, essaim, ruche, du sanskrit soma, de seuman. La labio-vélaire qui donne le p de pramnios  en ibère a produit en gaulois un k,  curmi, et fourni les noms  de diverses variétés de cidre,mot venant lui-même du  grec et latin sicera emprunté par l’hébreu chekar , à rapprocher du  gaulois cerevisia ou cerevesia, cervoise, qui, comme sicera de s°kesa, (et comme notre mot cidre , jus de pomme ou  de poire fermenté ) , vient de kws r voyelle + suffixe -wes-.è rapprocher du nom des insectes piqueurs,  grec spheks, génitif,  sphakos, de kswesphos (onomatopée imitant le bourdonnement), latin vespa,de svesph guêpe, Le nom  a pu désigner aussi  une boisson fermentée à base d’orge  comme notre «  whiskey ». Il faut rapprocher le  réseau lexical  du vinaigre, latin acetum, grec ta oxa, vinaigre de vin de palmier,
Le statut de Circé : prêtresse- reine,  reine ou déesse ?
Circé est certainement une reine, mais pas seulement ; elle est aussi une prêtresse, donc une prêtresse du dieu de la mer.  Ceci évoque pour moi la statuette retrouvée dans la civilisation de l’Indus à Mohendjo Daro (de adusa , rivière en langue ibère, cf. daria) qui, selon les autochtones et à la colère des archéologues qui le contestent,  représentait un prêtre-roi d’il y a  -2000 ans. La civilisation mycénienne que Scliemann  et ses disciples ont  cru retrouver dans l’Iliade et  l’Odyssée et dans les ruines ’Hissarlik et dont on a contesté la présence  est bien une civilisation de Mycenes , mais debvla Mycenes du nord  et plus ancienne, datant d’il y a 5000 ans environ.