dimanche 23 juillet 2017

UN AGENT ANGLAIS D’ORIGINE CORSE SOUS NAPOLEON, CIPRIANI, DEVENU L’HÔTE DES INVALIDES, par un Corse de la région de Corte.


UN AGENT ANGLAIS D’ORIGINE CORSE SOUS NAPOLEON, CIPRIANI, DEVENU  L’HÔTE DES INVALIDES,
par un Corse de la région de Corte. 

Bibliographie :
1.  Pour mémoire, non lu et introuvable sauf au prix de 500€ sur Internet., Georges Rétif de  la Bretonne, Anglais, rendez-nous le corps de Napoléon ! 1969.
2.. Bruno Roy- Henry, Napoléon, L‘énigme de l’exhumé de 1840, 2000, ouvrage passionnant. 






L identité mystérieuse d’un agent anglais de l’entourage de Napoléon, Jean-Baptiste François -Marie  Ramolino, dit Cipriani.
Dans son ouvrage sur Napoléon, Une imposture, 1969, le psychiatre corse Roger Caratini prétend  que Charles Bonaparte et Letizia Ramolino, les parents de Napoléon, vivaient en concubinage car ils n’avaient jamais réalisé leur mariage officiellement ; bien que son ouvrage soit très intéressant et novateur, nous ne partageons pas son point de vue sur cette question, car la Corse était alors sous le régime légal de Gênes, et  les Bonaparte s’y sont conformés. L’acte de mariage avait été dressé, le 2 février « 1745 »  (coquille manifeste  du baron H. Larrey dans Madame Mère, 1892, pour 1764),car en 01745 charles Bonaparte n’était pas né : il naquit le 27 mars 1746) , par Pierre-François Costa, à Ajaccio (Madame Mère, du Baron H. Larrey, 1892) et transmis au père de la mariée mineure de 14 ans, le Comte Jean –Jérôme Ramolino, avec une note sur la tante de Letitizia qui nous intéresse au premier chef, car il s’agit de la mère du futur Cipriani : celle-ci  portait les mêmes prénoms que sa nièce Maria –Letizia , si bien qu’on a pu la prendre pour une sœur aînée de la mère de Napoléon , née vers 1745 et  morte assassinée alors qu’elle était jeune. C’est en réalité la mère de Napoléon qui reçut les prénoms de sa tante lors de sa naissance le 24 août 1750.
De Jean –Augustin Ramolino, lieutenant dans la compagnie corse ducapitaine Rocca, et de Marie-Thérèse Ricci sont nés 4 fils et 1 fille :jean –Jérôme , marié à Angela –Maria  Pietra Santa, noble de Sartène, grands-parents de Napoléon (celle-ci avait une sœur Antoinette qui épousa un Benielli dont elle eut une fille Antoinette, devenue en 1774 la femme de Hyacinthe Arrighi de Casanova, d’où naquit le futur général de division Jean -Toussaint  Arrighi de Casanova, créé  duc de Padoue ) ; François- Marie, prêtre, curé archiprêtre d’Ajaccio ; Bernardin marié à Angela-Marie Seta , père du comte André ; Paduo Antonio , marié à M. Levie (dont les descendants actuels, autorisés à relever le nom). Angela –Maria Seta devenue veuve épouse en secondes noces Joseph Antoine d’Ornano, né le 20 janvier 1738 suivant l’acte  original présenté au conseil supérieur, commissaire de la junte de Guagno par brevet du 2 novembre 1772 (extrait baptistaire admis au conseil supérieur). Ils auront pour enfants Luc Antoine, comte d’Ornano, major de l’armée française,  qui laisse deux filles : Claire, , mariée d’abord à Vincent Poli, de Guagno (dont une fille a épousé Pompée Chiaroni d’Aullène : leurs héritiers possèdent une partie des archives de cette branche d’Ornano),  puis à Charles Folacci et Rosine, mariée à Pompée Colonna d’Istria ; François –Xavier ; François-Marie, lieutenant-colonel d’infanterie, né en 1781, mort à Ajaccio le 20 mars 1825 . On verra que le frère aîné de Joseph Antoine, Jean-Baptiste François- Marie  d’Ornano, qui fut le  parrain représenté de Cipriani, parce qu’il était absent, et en  l’honneur de qui le futur Cipriani recevra ses prénoms de François- Marie et de Jean-Baptiste,  jouera un rôle dans la vie de Cipriani à Bordeaux lors de l’affaire Louis XVII, voir ci-dessous.
Voilà selon moi, l’explication du nom Franceschi qu’on a cru être son patronyme.  Comme Napoléon s’adressait à lui en corse, langue qui ne prononce pas les syllabes finales, en l’appelant  par son prénom Francesch’[o] , o en a déduit qu’il s’appelait Franceschi. Précisons que Cipriani parlait mal le français et s’exprimait en corse, en italien et en anglais.
Nous pouvons compléter ce que dit de lui Marchand, le valet de Napoléon (savoir ,  qu’il était corse et non italien et qu’il avait été élevé dans la famille de Napoléon)  en lui assignant pour lieu de naissance Guagno- les- Bains , pour date de naissance 1773 ou 1780 et pour mère la tante de Letizia , Maria Letizia
Ramolino, qui mourut étranglée dans son lit. Il fut recueilli par les Bonaparte à la mort de celle-ci, à la demande de son père, C. Salicetti. Il aurait donc dû s’appeler Jean-Baptiste François- Marie  (  Ramolino , du nom de sa seule mère).
 Maintenant, d’où vient le nom de guerre de Cipriani ? Ce n’est ni  son  prénom (ce serait Cipriano,celui qui est originaire de Chypre,par allusion à saint Cyprien, père de l’Eglise dont,la fête a lieu le 16 septembre et d’ailleurs Cipriani était athée et anticlérical) , ni , au pluriel, son nom de famille. Il l’aurait choisi à partir du nom de Louis- Antoine de Cipières, officier de marine et député de Marseille, propriétaire de l’Hôtel Cipières à Marseille , où Letizia et lui-même durent se réfugier en fuyant la Corse, en1793.
Christophe Salicetti, agent anglais et père de Cipriani.
Né en Corse à Saliceto près de Corte, le 26 août 1757, il étudie à Bastia et il est reçu avocat à Pise. Il est élu député du tiers Etat  pour la Corse en 1789 et  réélu à la Convention . Il est l’ami de Robespierre, vote la mort du roi  et siège avec les Montagnards. Le 30 novembre 1789. il fait voter l’intégration de la Corse au Royaume de France et fait rappeler Pascal Paoli exilé en Angleterre. Mais la Convention, qui se méfie de Paoli, l’envoie en Corse pour surveiller ce dernier. En 1793, il doit fuir la Corse avec Letizia Bonaparte à Marseille à l’Hôtel Cipières dont est propriétaire un de ses anciens collègues à l’Assemblée nationale, le baron de Cipières, avec le futur Cipriani qui  en tirera son pseudonyme. Il fait nommer général le capitaine Napoléon Bonaparte, commandant de l’artillerie à l’armée qui assiège Toulon détenu par les royalistes. Il aide à la répression de l’agitation royaliste à Marseille. En janvier 1789, il est nommé à l’armée d’Italie auprès de Napoléon Bonaparte. En octobre 1797, il  participe à la reconquête de la Corse et divise l’île en deux départements. Il est élu député au Conseil des Cinq- Cents. En 1798, il est en mission à gênes. Napoléon l’envoie représenter la France à Lucques de 1801 à 1802, puis à gênes à nouveau en 1805 : il y fait voter le rattachement  de Gênes  et de la Ligurie à La France.
En janvier 1808, alors que , à Naples, il est le ministre de la police (renseignements généraux) et de la guerre du roi de Naples, Joseph Bonaparte,et qu’il est une sorte de vice-roi pour le compte de l’Empereur, éclate une conspiration montée par le futur Louis XVII et dirigée parle commandant sicilien dans l’île de Ponza, le prince de Canosa, avec le soutien des catholiques pontificaux . Ils font exploser la demeure de Salicetti, mais celui-ci s’en tire, miraculeusement. En octobre1808, au service de Murat, il lui donne son seul succès militaire, la prise de Capri, île où sévit déjà le tristement célèbre lieutenant-colonel Hudson Lowe, à la tête de son Corsican Rangers  et chargé d’espionner tout le secteur italien. Salicetti a préparé le siège de Capri avec son fils Cipriani qu’il a mis à la tête d’un réseau d’agents secrets corses ; Cipriani contacta  au Corsican Rangers son compatriote Antoine Suzarelli et retourna cet ancien condisciple de Salicetti à Bastia, ce qui aboutit à la capitulation de Lowe et de  la garnison napolitaine et corse  de Capri. Le 20 janvier 1809, Napoléon ordonne à Salicetti de démissionner du ministère de la guerre et l’envoie à Rome présider la Commission chargée des ex-territoires pontificaux. En juin 1809, il revient à Naples qui est menacée par une expédition sicilienne contre Ischia et Procida.  En 1809,le 23 décembre , il est assassiné  par son préfet de police, un génois Antonio Maghella, agissant pour le compte des Bourbons et des catholiques pontificaux ;
Napoléon a dit de Salicetti qu’il admirait et qui avait été son bienfaiteur et celui de toute la famille Bonaparte : « Salicetti, les jours de danger, valait cent mille hommes ! »
Il avait épousé la fille de Jean- Thomas Boerio et de Marie Catherine Arrighi de Casanova, ces derniers étant des alliés de la famille Bonaparte, ce qui l’empêcha de reconnaître son fils Cipriani  et sa liaison  avec sa mère : celle-ci , qui menaçait le mariage de Salicetti, mourut étranglée dans son lit , probablement par un Arrighi de Casanova.


 Cipriani, l’agent double des Anglais et de Napoléon.
Cipriani, vénal et aimant beaucoup l’argent, préféra conserver un compte à Gênes, largement alimenté par les Anglais,  par Salicetti, et par Napoléon qui l’appelle « son espion » sans se rendre compte qu’il est surtout celui des Anglais. Il met à l’abri sa femme et sa fille chez Madame Mère et son fils chez  le cardinal Fesch,-le  demi-frère de Letizia.
1 Sous la Révolution, une tentative d’évasion ratée de Louis XVII ourdie parles Anglais  et où Cipriani joue un rôle méconnu.
Un pseudo-Louis XVII méconnu : le tambour de Belgiojoso,en 1800 , avant Marengo dans l’armée du général autrichien Mélas, un blond aux yeux bleus selon Silvio Pellico qui l’a rencontré dans leur prison commune et  qu’on retrouve, selon ses propres dires ,  à Bordeaux et à Bastia, chaperonné par Cipriani.
Nous avons dit dans notre blog sur  le baron de Richemont, pseudonyme du   marquis de Bourbon Conti, qu’il avait deux tombes : l’une, celle du baron de Richemont,  à Gleizé (Rhône), au château de Vaurenard, chez Madame d’Apchier, datant de 1853,  et l’autre au Père Lachaise datant de 1832-1833  , où  fut enterré ,  avec l’assentiment du baron de Richemont,  le faux dauphin en qui croyaient Fouché et Joséphine , ainsi que ,  peut-être,  le baron de Richemont qui semble  avoir porté beaucoup d’affection à ce demi-frère qui portait le nom de Jean Louis  Bourbon .Il avait été emporté par l’épidémie de choléra qui sévit à Paris à cette époque. Comme sur Richemont (j’ai oublié dans mon blog de citer parmi les origines possibles de son  pseudonyme le fait qu’à la mort de Jeanne d’Arc c’est le colonel de Richemont qui reprit le flambeau contre mes Anglais , comme le baron estimait qu’il le faisait contre la monarchie de Juillet), on a fait de nombreuses hypothèses sur l’ identité de ce faux dauphin  : il pourrait  avoir été le fils adultérin (elle en eut au moins trois et, curieusement, le Directoire la contraignit de les reconnaître) de la femme de lettres parisienne Fanny de Beauharnais, née Marie Anne Françoise ou Fanny  Mouchard de Chaban (1737-1813), l’épouse de Claude de Beauharnais, et du propre père du baron de Richemont, le marquis de Bourbon -Conti, à en juger par les anagrammes dont sont truffés ses pseudonymes.  Parmi les nombreux autres  amants de Fanny de Beauharnais, il nous faut citer les hébertistes Michel de Cubières et   Mororo, un Corse. Lorsque Jacques René Hébert sera guillotiné, Fanny de Beauharnais sera inquiétée et devra quitter précipitamment Paris. De là le nom d’Hébert que prendra le faux dauphin, car Hébert était un agent royaliste payé par les Anglais,  contrairement à ce qu’on croit.
 Hébert , qui voulait instituer durant la minorité de Louis XVII un grand juge , savoir lui-même ou le maire de Paris Pache, trempa dans un projet d’évasion du dauphin et  eut besoin d’un garçon du même âge pour faire illusion lorsque le dauphin serait exfiltré.  L’enfant qu’on projetait de substituer au dauphin fut vite   trouvé : le fils du Prince de Bourbon et de Fanny de Beauharnais, enfant  blond, aux yeux bleus, du même âge, qui lui ressemblait  ce qui s’explique par sa parenté, car c’était un Bourbon.  On invita celui-ci à entrer dans un cheval de carton que le cocher Genès  Ojardias amena du logement de Simon dans la cour des écuries au Temple pour opérer la substitution et l’y cacher,  ceci se passant  le 5 janvier 1794. mais l’ordre final de Hébert, inquiet pour sa propre sécurité, n’arriva pas. On a  deux témoignages crédibles de Voisin et de la veuve Ladrée qui ont aperçu ce cheval de carton. Les témoignages sont cités par Marina Grey dans Enquête sur la mort de Louis XVII, Le prince et le savetier, p.108 dans le chapitre intitulé Le cheval de carton. Le déménagement de Simon,  qui avait été révoqué par Chaumette, a lieu en direction de son nouvel appartement, au-dessus des écuries,  à l’angle ouest de l’Enclos, près des cuisines, de la caserne et du cloître, aménagés pour des artisans  Là attendait le futur tambour de Belgiojoso destiné à  remplacer le dauphin.
Le projet échoua,  mais le garçonnet en garda le souvenir.
Vers 1800, Fouché, ministre de la police, vint trouver Napoléon Bonaparte pour lui apprendre l’affaire dite du tambour de Belgiojoso. Joséphine de Beauharnais,  bien informée grâce à sa grand- tante Fanny  de Beauharnais  et grâce à Madame Campan, d’une famille créole comme elle, intervient auprès de Fouché pour qu’il protège ce garçonnet de 14 ans qui avait été condamné pour une peccadille à un traitement cruel, celui de passer trois fois par les baguettes, et qui, pour tenter d’y échapper, avait déclaré à son colonel qu’il était  fils de Marie-Antoinette. Le colonel l’envoie à Turin et, en chemin, à Asti, il est reconnu par un Suisse du château de Versailles, ainsi que par diverses personnes qui avaient séjourné à la cour de France, notamment, dit-on, à cause d’une cicatrice au bas de la mâchoire gauche provenant de la morsure d’un lapin blanc que le Prince élevait. Selon son récit, après être sorti du temple dans un cheval de carton,  il aurait été élevé par Madame Fanny de Beauharnais et se serait rendu d’abord à Bordeaux,
Pourquoi Bordeaux ? Cipriani  y avait un allié, François- Marie  Jean-Baptiste d’Ornano, chevalier de Saint Louis, général de brigade, maréchal de camp et gouverneur de Bayonne en 1768.  Il avait épousé à Saint-Domingue en premières noces Charlotte Maingart, fille de riches colons de l’île Maurice. Ses accointances avec les créoles le firent nommer tuteur de Theresa Cabarrus, la future Madame Tallien , Madame Ouvrard, et princesse de Chimay. .En secondes noces, il épousa la fille de Jean-Baptiste de Campennes, marquis d’Amon, gouverneur de Bayonne, et de Marie-Charlotte de Menou, dont il eut une fille unique, Victoire, mariée au vicomte  André- Guy du Hamel, plus tard maire de Bordeaux. Elle mourut en 1796. François- Marie  Jean-Baptiste d’Ornano était installé à Versailles où la révolution décida de l’arrêter ; ^prévenu ; il voulut fuir vers Bordeaux, mais il fut arrêté en chemin au château de Castels  près de Langon en Gironde , en décembre1793. Enfermé au Luxembourg, il fut guillotiné le 6 juillet 1794, pour avoir entretenu une correspondance avec les princes étrangers, l’Angleterre en particulier.
De Bordeaux, Cipriani et son protégé  se rendirent à Bastia où  le jeune adolescent  apprit  l’italien, un italien mâtiné de corse. Il prétend  qu’il devint garçon limonadier à Bastia.
De  Bastia, le faux dauphin  gagne l’Italie   cherchant à gagner Vienne, mais,  dès son arrivée en Italie , il est enrôlé dès son arrivée en Italie dans un régiment autrichien, juste avant Marengo (14 juin 1800).
 Lorsque Cipriani cessera de s’occuper du faux dauphin, il sera rapidement emprisonné (voir mon blog sur le baron de Richemont).
2 1815, à l’île d’Elbe, la première grande trahison de Cipriani : la vraie cause des Cent- Jours et du retour prématuré de Napoléon à l’instigation de l’Angleterre.
A Gênes , Cipriani avait fondé une prospère compagnie de navigation spécialisée dans les trajets Gênes- Porto –Ferrajo Ile d’Elbe  et qui ne fut , bien entendu, jamais arraisonnée par les Anglais, pourtant très actifs en Méditerranée. Ajoutons que Cipriai a été vu au Congrès de Vienne, où il attendait les ordres du cabinet anglais. La coalition contre la France et contre Napoléon y  bat alors de l’aile, n’étant d’accord sur pratiquement rien, en particulier sur le rétablissement des Bourbons. Le tsar, mécontent, a déjà abandonné les lieux. Tout ceci inquiète le cabinet anglais qui donne l’ordre à son agent Cipriani de tout faire pour que napoléon quitte sans attendre son petit royaume de l’île d’Elbe, afin de cimenter à nouveau devant le danger  une coalition en voie de dislocation. Cipriani  apporte à Napoléon, à l’île d’Elbe, les informations voulues pour que l’empereur précipite son départ. Eût –il attendu quelques jours d’autres informations plus honnêtes, -même s’il est vain de vouloir refaire l’histoire, -on est en droit de penser que le sort eût été différent pour la France et son chef.
3 A Sainte-Hélène, le suicide à l’arsenic  de Cipriani, « vie et destin d’un traître », titre du dernier chapitre de l’ouvrage cité de B. Roy-Henry.
En 1818, l’empoisonnement de Cipriani à l’arsenic.
Napoléon avait pour Cipriani une affection qui l’aveuglait. Mais tel n’était pas le cas , dans son entourage, du général Gourgaud en particulier.
Citons deux incidents. Le premier est un repas secret de napoléon avec Albine de Montholon, la femme du général. Or, le marquis de Montchenu, commissaire extraordinaire de Louis XVIIII à Sainte-Hélène, dont Napoléon disait : « C’est un vieux con, un général de carrosse qui n’a jamais entendu un coup de fusil»,vint à l’apprendre et Napoléon le sut à sa grande colère : « Il y adonc des agents ici ! » s’exclama-t-il. L’indiscrétion venait de Cipriani.
Le deuxième incident  est le suivant. Emmanuel Pons de Las Cases (prononcez kaz) , l’auteur du Mémorial de Sainte –Hélène,et son fils le jeune Emmanuel Pons qui signait Pons pour se différencier de son père avaient cousu dans la doublure  de la veste de leur domestique deux messages à acheminer , l’un à Lucien Bonaparte, l’autre à Lady  Clavering, une Française émigrée à Londres chez laquelle le marquis de Las Cases, royaliste émigré à l’époque, avait été précepteur. Or, marchand nous apprend que l’infortuné domestique fut jeté en prison sur dénonciation de Cipriani, avec aussi pour conséquence  que H. Lowe assigna à résidence à Jamestown les deux Las Cases avant de les expulser sur le Cap en Afrique  pour une quarantaine imposée avant leur  retour en Europe. Cipriani avait surnommé Las Cases le jésuite. Les généraux Montholon  et Bertrand ainsi que son épouse s’étaient ligués contre lui. Cipriani fut mis au courant par le fils de Montholon  du projet de Las Cases. Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant que les Las Cases ne désiraient pas retourner à Longwood, alors que Lowe leur en offrait la possibilité, car las Cases se doutait que Napoléon  ne le  soutiendrait pas contre un compatriote, même  s’il leur était redevable d’une grosse somme qu’il avait été obligé de leur emprunter. Lors de ses descentes en ville, pour l’approvisionnement, Cipriani en profitait pour livrer des renseignements aux Anglais. Mais l’alerte avait été chaude pour lui et il dut se faire remplacer par un domestique anglais  pour éviter de se griller » complètement. Napoléon se plaignit, naïvement , à Montholon, bien au fait des trahisons de toutes sortes dont l’Empereur était la victime,  que Thomas Reade, l’adjoint de Lowe, « assurait  qu’il savait tout ce qui se passait  chez eux ».
Le 30 octobre 1818, Gourgaud  trouve sa fenêtre forcée et Tristan, le fils de Montholon, lui révèle que le coup a été fait par Cipriani. L’ancien aide de camp de Napoléon, ne réussissant pas, lui non plus, à lui ouvrir les yeux, préfère demander son retour en Europe et fait ses adieux à l’Empereur le 15 février 1818. Il quitte définitivement Longwood, la résidence de Napoléon, pour Jamestown, la petite capitale de l’île. Il y dîne avec Balmain, le commissaire russe , et avec d’autres commissaires alliés, et Gourgaud obtient des preuves formelles sur l’espionnage dont Cipriani s’est rendu coupable. Il envoie son valet Fritz remettre à Montholon un rapport accablant pour le protégé de l’Empereur. Le dimanche 22 février 1818, l’Empereur prend connaissance de ce rapport  de Gourgaud que Montholon lui a remis et entre dans une violente colère. Il convoque le traître et lui montre le rapport qui le confond, le traitant de  bâtard, de chien qui mord la main de son maître, d’individu qui n’a pas même pas eu la reconnaissance du ventre. Encore ne sait-il pas que Cipriani trempe dans le projet anglais de l’empoisonner à l’arsenic. L’Empereur lui annonce sa décision de le renvoyer en Europe, n’étant pas libre d’appliquer la seule sentence qui s’impose pour les espions et les traîtres à leur pays, la mort. Il fera connaître à la famille de Cipriani  par le cardinal Fesch les raisons déshonorantes qui motivent son renvoi.
Le lendemain, lundi 23 février, Cipriani  a pris sa décision. Avec Piéron, il se rend à Jamestown et, sous prétexte de lutter contre les rats, y achète de l’arsenic afin de s’empoisonner. Le soir même, écrit Montholon, « ce pauvre Cipriani servait le dîner de l’Empereur quand il se sentit pris de si violentes douleurs qu’il lui fut impossible de regagner seul sa chambre. A peine sorti de la salle à manger, le malheureux se  roulait par terre en poussant des cris déchirants. » Le docteur O’Méara et Noverraz le portent dans son lit et lui apportent  toute leur aide. Le docteur Arnott et deux autres médecins anglais du 66 e régiment, Buxter et  Henry, dépêchés en hâte par Lowe qui ne veut pas perdre son informateur, se joignent au docteur O’ Méara pour tenter de le sauver .Mais, le vendredi 27 février 1818, Cipriani meurt . Il sera enterré, non pas  dans le lieu qui abritera la dernière dépouille de Napoléon, mais dans le cimetière  qui entoure l’église anglicane, en bordure du parc de Plantation House. Plus tard, il sera  étrangement impossible de retrouver la tombe qui, en 1827, avait été vidée de son occupant  sur ordre du  roi d’Angleterre George IV dans des conditions  que nous allons exposer.
Ce qui a animé Cipriani, c’est la jalousie du bâtard: son suicide est une sorte d’amok corse, provoqué par l’humiliation insoutenable de voir ses traîtrises percées à jour, de perdre la face,d’être démasqué. Mais jusque dans son dernier acte, le suicide à l’arsenic, se glisse une allusion mauvaise à la fin de Napoléon à laquelle Cipriani a trempé parle même poison.
De quoi est mort Napoléon à Sainte-Hélène le 5 avril 1821(son âge était inscrit dans la date de sa mort, 51 ans, 8 mois, 21 jours !) ?
Bien que le problème ait donné lieu à de nombreuses polémiques (on a invoqué en particulier  un cancer de l’estomac, du pylore plus précisément), il semble acquis aujourd’hui, grâce aux chercheurs et historiens américains, que Napoléon a bel et bien été assassiné à l’arsenic , sur ordre des Anglais, avec la complicité active de Cipriani, de O’Méara,de Montholon et du médecin anglais Arnott. Il faut lire à ce sujet René Maury , L’assassin de Napoléon, 1994 , et Ben Weider, Napoléon est-il mort assassiné ?1999.
Hudson Lowe , le geôlier et espion de Napoléon, a dit, en 1818, au docteur O’Méara, Irlandais, mais protestant, que « la vie d’un homme est peu de chose, surtout quand il est responsable de millions de morts et qu’il pourrait l’être encore », l’incitant à assassiner l’Empereur .Napoléon lui-même disait de H.  Lowe : « je suis sûr que cet homme-là a reçu l’ordre de me tuer. »
La jalousie de Montholon , dont la femme Albine était la maîtresse de Napoléon, aurait été un motif , selon certains historiens, de l’assassiner, mais ce motif ne tient pas à mes yeux , car Albine a eu , à Sainte-Hélène,bien d’autres amants, comme le docteur O’Méara ou  le lieutenant Jackson ,  qui, par la suite, l’accompagna en Europe et ne fut pas victime d’ empoisonnement . Ce qu’il y a de certain, -c’est le journal de Las Cases  qui nous l’apprend, - Montholon possédait à Sainte-Hélène un livre sur l’affaire des Poisons qui exposait en détail la méthode de la Brinvilliers administrant  l’arsenic  avec une trentaine de doses sur plusieurs mois et avec le calomel pour parachever l’œuvre et faire que les médecins diagnostiquent, comme chez Napoléon,  un cancer de l’estomac.
Montholon disposait  en 1822 de 50 millions de francs lourds et le voilà ruiné en 1829. Sa complicité dans l’assassinat tient à l’argent et aux ordres de l’Angleterre. Maury se demande qui a fait chanter Montholon pour qu’il se retrouve ainsi ruiné (est-ce Antommarchi qui finira ses jours à Cuba ?).  Dès la fin  de 1817, à une époque,où Cipriani ne s’était pas encore suicidé et jusqu’à la mort de Napoléon en 1821, l’Empereur présentait tous les symptômes d’un empoisonnement à l’arsenic, avec , naturellement, des périodes de rémission qui, loin d’infirmer l’hypothèse, la confirment bien au contraire . C’est une dose massive de calomel qui, associée  à un sirop d’orgeat, et administrée à Napoléon le 3 mai 1821 à l’instigation du docteur Arnott, approuvé par Montholon, qui en connaissait les effets grâce au livre qu’il possédait sur la marquise de  Brinvilliers, mais contre l’avis d’Antommarchi, provoqua une formation foudroyante et mortelle  de cyanure de mercure.
Une affaire compliquée : celle des masques mortuaires de Napoléon.
1 La prise d’un masque mortuaire en 1818 par O’Méara sur le visage de Cipriani et sur ses mains, trois ou quatre jours après son décès, peut-être  le 3 mars 1818.
Le masque mortuaire de Cipriani sera repris par un Corse, le docteur François Antommarchi après la mort de Napoléon, lorsqu’il était de retour à Londres. Il l’a alors remanié pour alimenter pour alimenter la légende impériale. Il nous est présenté aujourd’hui par les historiens comme celui de Napoléon ! Il est vrai que les visages des deux hommes se ressemblaient.
I Le seul masque mortuaire de Napoléon.
Le masque Burton (1821), seul masque authentique de Napoléon, qualifié de « Death mask of Napoleon », exposé aujourd’hui encore à Londres au Royal United Service Museum.Il porte une inscription anglo-française : « L’Empereur Napoleone à Saint –Helena » , Saint -Helena étant  le nom anglais de Sainte-Hélène (voir p . IV du cahier photographique  du livre cité de B. Roy- Henry). Il a été pris  sur le visage mortuaire de Napoléon, mais, comme il n’a pas été jugé convenable pour la légende napoléonienne, on lui préféra le masque de Cipriani pris par O’Méara, mais retouché par Antommarchi, ce qui se prêtait
à merveille au plan anglais de substitution des cadavres ..
II Les masques de Cipriani.
Le masque en cire Noverraz , 1818 et 1828 (photo, p. XII, cahier photographique, op. cit.) ressemble à tous les masques dit Antommarchi. Ce ne peut être le masque de Napoléon, car celui-ci avait été rasé six heures après sa mort, à la différence de Cipriani qui, en 1818, n’avait pas été rasé, et ce masque en cire contient  des éléments pileux ; il a été pris trois ou quatre jours après la mort de Cipriani par O’Méara, en présence du docteur Arnott.

Le masque Arnott ( 1818) .
Il fut vendu par le docteur Arnott, qui était présent auprès du lit de mort de Napoléon, 3000 livres sterling au roi de Wurtemberg. En 1837, son beau-frère, Jérôme Bonaparte , le  roi de Westphalie, en devint le propriétaire et inscrivit : « Arnot [avec un seul t], mai 1821) ». Napoléon rachète ce masque 4000 livres et l’expose  aux Tuileries en 1863, où il est photographié (photo publiée, p . XVI, cahier photographique, op. Cit. ). Puis le masque refait surface  à Nice où une dame Pardee en fait don au Musée Masséna. C’est en réalité le visage de Cipriani pris par le docteur Arnott.
Les masques dit Antommarchi, masques de Cipriani, fabriqués à Londres  en 1827 pour alimenter la légende impériale.
De la tête de  Cipriani  moulée par O’Méara en 1818, Antommarchi fait à Londres avec le dessinateur Rubidge rentré de Sainte-Hélène et avec quelques autres, en 1827,  un premier masque de cire qui finira à Cuba où Antommarchi finit ses jours. Il en fait  une copie en plâtre fin qui lui servira désormais d’ « original » et sera  abondamment dupliqué ; ce prétendu « original » est conservé dans  la chapelle de la Miséricorde à l’île d’Elbe.

Conclusion : le masque Antommarchi est une imposture et représente, non pas le visage de Napoléon, , mais le faciès de Cipriani dûment retouché.
L’affaire des masques mortuaires dits de Napoléon est certes fort compliquée, mais c’est un détail  et cela ne touche que légèrement le point fort de l’histoire, qui est la substitution  du cadavre de Napoléon et son remplacement  par celui du traître Cipriani sous l’auguste dôme des Invalides , une mystification qui dure encore , puisque ce monument vient d’être visité par le Président Trump et son épouse Mélanie.
1840,  le rapatriement  des cendres de  Napoléon et la substitution de Cipriani  à Napoléon par les Anglais.
Le mot cendres  au pluriel est d’emploi noble et désigne, dit le Littré, « les restes des morts », à une époque où l’incinération donnant de la cendre (en ce sens, selon Littré, « poudre qui reste  après la combustion du bois et autres matériaux » comme le corps humain) n’était guère pratiquée.
Napoléon avait dit de façon prémonitoire au Grand maréchal Bertrand, le 27 mars 1821 : « la seule chose à craindre, c’est que les Anglais ne veuillent garder mon cadavre  et le mettre à Westminster [c’est ce qui fut effectivement fait]. Mais qu’ on les force à le rendre à la France ; qu’on le signifie au Prince Régent, de telle manière qu’il ne soit pas tenté de garder mes cendres ; après m’avoir assassiné, c’est le moins qu’il rende mes cendres à la France, la seule patrie que j’aie aimé, où je désire être enterré [ pas la Corse, la terre du traître Cipriani ; pas Sainte-Hélène non plus, la terre où le traître Cipriani est enterré]. » Le 13 avril, il avait déclaré : « je viens d’écrire au Prince régent pour lui demander  de ne pas garder mes cendres à Londres et de les renvoyer sur les bords de la seine. Je lui prédis que s’il me fait un monument ,  John Bull un jour  jurera sur ce monument  la destruction de son trône et la ruine de l’oligarchie .Il verra cela ;ce serait, du reste, un monument de la honte. »Le 23avril, il apostrophe  le docteur Arnott, l’assassin qui prescrira la dose mortelle  de calomel  : « Il ne me reste  plus qu’à aller à Londres (à travers son cadavre ; vivant, Napoléon, prisonnier d’Etat , était déporté, mais mort son cadavre appartient à la Couronne…Vous m’avez assassiné. Je suis venu me livrer  à vous de bonne foi, non au Prince régent que je méprise, ni à vos oligarques : je les connaissais, mais je croyais que le peuple anglais  ne permettrait pas qu’on me traitât ainsi. Mais votre oligarchie est trop puissante. »

La substitution.
1° Premier acte en 1826 après la fabrication et la vulgarisation d’un masque mortuaire frauduleux, celui de Cipriani, donné comme celui de Napoléon, : le retour surprenant du docteur O’Méara , qui avait moulé le masque sur le visage de Cipriani et assisté à son enterrement, donc connaissait l’emplacement de sa tombe, à Sainte-Hélène .
En 1826, le cabinet anglais  chargea le  docteur O’Méara de retourner à Sainte-Hélène pour faire l’autopsie du cadavre de Cipriani, quelque neuf ans après son inhumation , et pour préparer les cadavres  en vue de la substitution de Cipriani à Napoléon en  habillant Cipriani  comme l’Empereur et en transférant son corps dans la tombe de Napoléon, tandis que le corps de Napoléon était provisoirement remisé près des anciennes écuries . Au cours de l’autopsie de Napoléon, l’intestin qui était sain  fut laissé en place. Mais , pour Cipriani,  O’Méara  retira un bout d’intestin grêle qui présentait une grosse perforation due à la dose massive d’arsenic  ingéré et le rapporta à Londres, où il le remit au Collège Royal des Chirurgiens d’Angleterre,sous la rubrique mensongère : « Incipiunt fungus in the glands of intestins of Napoleon », , c’est- à dire les champignons commencent à apparaître  dans les viscères de Napoléon,Il faut rapprocher cette inscription latino- anglaise de l’aveu d’O’Méara à Sir Ashley Cowper : « le fragment d’intestin n’avait pas la provenance qu’on lui assignait » ( c’est -à - dire qu’il ne provenait pas de l’intestin de Napoléon, mais de celui de Cipriani) ; ce prélèvement d’intestin perforé avait pour but de faire disparaître toute trace d’empoisonnement arsenical de Napoléon par les Anglais au cas où les Français voudraient pratiquer une nouvelle autopsie du cadavre qu’on leur donnerait comme celui de Napoléon. Il fut prescrit  par le cabinet que ce fragment accusateur ne pourrait pas être montré avant cent ans et seuls les présidents successifs  du collège  de chirurgiens purent le voir. En 1927, Sir Berkeley Moynihan, nouveau président du collège britannique, le montre au professeur Leriche au cours d’une réception officielle destinée aux médecins étrangers.
2 L’escale intrigante de Lowe à Sainte-Hélène en 1827, ou l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime.
Après Sainte-Hélène, Lowe fut nommé en 1825 pour commander les troupes à Ceylan. Il  fut rappelé en cours de mission par George IV  pour se rendre à Sainte-Hélène, où son service consisterait à rapporter en Angleterre  le corbillard qui avait servi pour l’enterrement de Napoléon, avec,  à l’intérieur,  le corps de Napoléon , afin de l’inhumer , de nuit et secrètement,  dans une crypte de l’abbaye de Westminster. Il devait aussi remplacer le cadavre de Napoléon par le cadavre de Cipriani que O’Méara avait habillé comme l’Empereur avec quelques erreurs, qui sont autant d’indices pour nous .Lowe laissa le corbillard , vidé de son illustreoccupant, à l’arsenal de Woolwich. Il fut donné parvlareine Victoria à Napoléon III et exposé dans la chapelle Napoléon de l’église Saint-Louis des Invalides.

3° L’exhumé de 1840.
Il nous faut comparer quelques détails de l’exhumation de 1840 qui, bien curieusement, se passa, sur ordre des Anglais,  en pleine nuit  noire , après minuit , avec l’inhumation de 1821.
Examinons d’abord, dans la relation de Rohan- Chabot du  15 octobre 1840, cette phrase : « Le général Bertrand  fait un bond involontaire, comme s’il était surle point de se jeter dans les bras de l’Empereur. » on peut imaginer sa surprise : il s’attendait à voir l’empereur plus ou moins décomposé et il voit, parfaitement bien conservé grâce à l’arsenic ingéré,… Cipriani lui-même. Mais Rohan -Chabot  avait fait promettre sur l’honneur à  tous les assistants  de ne  manifester leurs sentiments en aucun cas, car tout différend avec l’Angleterre  risquait, disait-il, de déclencher un conflit international, voire une guerre. Aussi le général Bertrand se tut-il.
Premier détail surprenant : la barbe . Celle de l’Empereur avait été rasée six heures après le décès  par son valet Marchand et , contrairement aux croyances populaires, la barbe ne repousse pas chez les morts, en tout cas jamais quelques heures après le décès. Or, le cadavre exhumé  avait une barbe et Cipriani, lui, n’avait pas été rasé après sa mort ;
Ensuite, les décorations  étaient au nombre de trois sur l’Empereur .Manque celle de l’Ordre de la Réunion sur le cadavre exhumé en  1840.
Le cadavre ne porte pas les bas blancs qui lui avaient été mis, et les bottes ne portent plus les éperons d’argent. Surtout, les quatre petits doigts  de chaque pied, nus, dépassent de chaque botte dont les coutures ont été coupées. La pointure de Cipriani était plus grande que celle de Napoléon, ce qui contraignit, pour pouvoir  lui enfiler les bottes de Napoléon , à enlever les bas  et à  découdre, cela se révélant insuffisant , l’extrémité des bottes .Les dents de Napoléon étaient fort mauvaises et noircies, tandis que celles du cadavre de Cipriani sont d’une blancheur éclatante . De plus, les objets personnels mis à côté du cadavre en 1821 (assiette, couteau, etc.) n’ont pas été aperçus en 1840.
Secret d’Etat : les Gorrequer Documents .
Après le 25 juillet 1821, date du départ de h. Lowe, ce fut le gouverneur Gorrequer qui lui succéda  sur l’île .sa correspondance avec le cabinet anglais esr conservée à la Chancellery Direction à Londres et le vice-chancelier bacon déclarait qu’ils étaient « d’une si haute importance politique que leur contenu ne devait pas être dévoilé » et aujourd’hui encore elle n’est pas accessible aux chercheurs. Ils recèlent, «écrit B. Roy-Henry, op. cit., p.171, « la preuve que le gouvernement de Sa Majesté envisageait bien  de rapporter en Angleterre la dépouille de celui qu’il s’obstinait à ne vouloir nommer que le général Bonaparte »et qu’il  avait «  le dessein secret de procéder à une substitution avec le cadavre de Cipriani. » Mais pour cela il devait attendre, par prudence, que le masque de Cipriani (masque dit Antommarchi) soit officialisé comme étant le masque authentique  de Napoléon. Auprès de la petite cour de Marie-Louise d’Autriche à Parme, de son amant Neipperg et de leurs enfants, les époux Burghersh virent les enfants de Marie-Louise et de Neipperg  traîner pour s’amuser le masque qu’Antommarchi lui avait remis (masque dit Burghersh.